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LE MONDE ÉVANGÉLIQUE |
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Pensées et Réflexions
REFLEXION SUR L'AMOUR ....
L'UN: Lorsque de ton amour, j’ai vu couler la sève…
L'AUTRE: Que faire lorsque cette sève, autrefois si douce, si savoureuse, devient empoisonnée?
L'UN: L’empoisonnement de la sève ne saurait être une fatalité. Il faut se débattre, se délier, défaire les liens pour que la source puisse se refaire… Lorsque trop longtemps exploitée, la source vient à tarir et à manquer de sève, il faut absolument cesser l’exploitation de cette source… L’absence est si souvent un remède contre le mal d’aimer…
L'AUTRE: Et qu’arrive-t-il lorsque l’on persiste à vouloir à tout prix boire de cette sève empoisonnée?
L'UN: Empoisonnée par la vie et par le temps, cette sève devient plutôt amère et a un arrière goût déprimant. Cet acharnement devient tout simplement suicidaire…
L'AUTRE: Pour certains, une bonté surélevée aiderait la source à se revigorer de sève. Que pensez-vous ?
L'UN: Des hommes se disent souvent avec amertume :'' J’ai cru qu’en étant bon, le ciel me bénirait…'' Les bénédictions du ciel semblent se distribuer de manière aléatoire. Être bon, n’offre aucune garantie… Parfois cette bonté ne fait qu’assécher davantage la source… Il aurait été préférable de manifester une indifférence apparente à la source… Mais encore une fois, l’abandon est le meilleur remède contre une source qui s’assèche afin de lui laisser le temps de se ressourcer. Il faut que la sève coule tout naturellement et quand la nature fait son œuvre, l’homme est impuissant… Il nous faut apprendre à accepter avec philosophie et sagesse que, à toute autre chose, il y a une fin, une fin irrémédiable.
L'AUTRE: Que pensez-vous de ceux qui pensent que l’amour est éternel ?
L'UN: Mettre l’éternité dans l’amour équivaut à planifier sa vieillesse sur la loto. '' L'amour, comme tout ce qui vit, commence à dégénérer sitôt conçu''. Il faut aimer et être réaliste et être prêt à tout moment à accepter cette fin imminente de nos sentiments mêmes...ce réalisme, à défaut de garantir une éternité à l’amour, pourrait fort bien prolonger l’espérance de vie de ce sentiment plutôt noble….
L'AUTRE: Mais vous semblez être bien pessimiste ?
L'UN: Quand la réalité est si sombre, l’homme réaliste et pragmatique ressemble tant au pessimiste…
L'AUTRE: Que faire contre ce fléau ?
L'UN: Il faut aimer de tout son cœur, il faut offrir tout ce qu’on a à l’être aimé… tout sauf sa raison et son pragmatisme… Il faut aimer en gardant son estime de soi. Il faut aimer et sauvegarder jalousement sa dignité… Il faut aimer et se préparer en tout temps à la rupture ou à l’éventualité d’un divorce…
L'AUTRE: Vous encouragez l’amour, mais que pensez-vous du mariage ?
L'UN: C’est un mot dérisoire et presque démodé… Le mariage entre un homme et une femme est depuis fort longtemps un échec…Admirez comme moi le taux de divorce ; appréciez comme moi le nombre de pères qui tentent de bloquer le pont Jacques-Cartier pour faire des coups d’éclat; observez comme moi le nombre de familles monoparentales… et j’en passe… Le mariage mixte est donc un échec dans nos sociétés modernes… Le mariage entre conjoints du même sexe est, à mon humble avis, immoral. Et je ne saurais l’encourager… de nos jours les couples sont déprimés parce qu’ils restent ensemble pour les mauvaises raisons et trop souvent pour des intérêts matériels qui contrastent si mal avec leur supposée personne… Des intérêts économiques calculés qui cachent si mal leur sentiment réel…
L'AUTRE: Le mot de la fin
L'UN: Toujours s’assurer d’avoir la conscience tranquille. Seule cette tranquillité intérieure peut procurer un sentiment de soulagement même au milieu du désert le plus sec. La conscience tranquille dans la manière de vivre son amour. Tant qu’on n’a pas acquis cette tranquillité de la conscience, il faut se résigner et accepter les comportements les plus malsains de l’objet de son amour. Ne pas avoir la conscience tranquille, c’est reconnaître sa culpabilité. Un coupable est un hors la loi et les hors la loi ne peuvent que subir la loi et les châtiments sans espoir… Hors de cette tranquillité, point de salut…
Note de l'éditeur : Ce texte est publié dans sa «forme particulière».