Coin des leaders chrétiens
« Je puis
tout par celui qui me fortifie » (Philippiens 4. 13)
Jean-Robert Pierre
Pourquoi ce cri, nous demandons-nous? Pourquoi ce cri me demandai-je? Parce que j’étais confronté à de grandes difficultés. Parce que cela me prenait une force extraordinaire pour passer au travers. Parce que la force me manquait. Parce que j’étais au bout de mes souffles. Parce que, de façon évidente, je ne voyais aucune issue de secours…
« Je puis tout par celui qui me fortifie », cri de délivrance? Peut-être. Cri provenu d’un souvenir? C’est possible. On peut lui attribuer toutes les connotations qui nous traversent l’esprit, excepté la résignation ou le repli. Non, au lieu de repli sur soi et sur les maux subis, je crois qu’il s’agit ici d’un cri de reconnaissance et de joie.
Reconnaissance pour quoi, vous dites? Pour le ou les bienfaits dont vous êtes gratifiés, voyons. Combien de fois n’avez-vous pas été mal pris durant les douze derniers mois? Combien de fois, figés devant mille et une situations scabreuses, n’avez-vous été délivrés, mis au large comme par enchantement? Vous tenez, peut-être, cela pour acquis. Mais les événements et les circonstances n’ont pas été toujours roses. La vie étant ce qu’elle est, nous nous retrouvons constamment au bord du gouffre. Et la peur nous envahit, gèle notre cerveau et paralyse nos membres. Dépouillés de ce qui en fait la force, réduits au silence et à l’immobilisme, nous sommes devenus hébétés, incapables d’une production quelconque. On n’y peut rien. On est resté figé. C’est à ce moment-là qu’une main invisible, surgissant de nulle part nous pousse dans le dos et nous communique cette force qui nous permet de reprendre nos esprits et d’avancer.
Mais qui saurait communiquer cette force insoupçonnée? Seulement Dieu peut le faire. Le saint apôtre l’a reconnu parce qu’il l’a déjà expérimenté avec le Seigneur. Ainsi dit-il : « Je puis tout par celui qui me fortifie. » Lorsque nous sommes épuisés, incapables de faire un seul pas, Dieu nous tend la main, nous prend dans ses bras, et avec tendresse et amour il passe par-dessus le mauvais courant et nous dépose de l’autre côté.
Ne nous méprenons pas : comme ses sœurs jumelles antérieurement connues, la nouvelle année arrive avec fanfare et trompettes dans un cortège de difficultés et de douleurs de toutes les sortes. Chacun de nous y goûtera et paiera nécessairement son dû. Quelle provision faisons-nous pour joindre les deux bouts? Comment entendons-nous y faire face? Écoutez, quels que soient les dispositions et les moyens que vous prévoyez mettre en place pour contrer les difficultés de 2006, rappelez-vous que c’est seulement avec Dieu que vous pourrez faire des exploits. Si telle est votre espérance, rendus à son trois cent soixante-cinquième jour, vous pourrez dire à l’instar de l’apôtre Paul : mes problèmes et mes souffrances étaient énormes mais j’ai pu passer au travers d’eux tous « par celui qui me fortifie. »
En guise de conclusion, je vous laisse avec quelques paroles d’une chanson qu’on chantait dans mon jeune âge :
Si la mer se déchaîne
Et nos cœurs sont en peine :
On ne voit point le port
Il n’a pas dit : Je t’oublierais,
Il n’a pas dit : Je t’abandonnerais.
Il a dit : Allons de l’autre bord,
Allons de l’autre bord.
Je te délivrerais
Je te délivrerais…
Que Dieu vous en fasse la grâce!