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LE MONDE ÉVANGÉLIQUE |
Articles divers
Il y a trois ans
Jean-Robert Pierre
Et oui, il y a trois ans, le Journal Le Monde Évangélique était inconnu de tous. Au bas de la page d’accueil figuraient les six zéros de départ. Le Journal venait de naître. Il faudrait lutter autant pour se faire connaître que pour sa survie. Aujourd’hui, âgé de trois ans, il compte quelque quarante-cinq mille visiteurs à son palmarès, ce qui donne une moyenne de quinze mille par an ou mil deux cent cinquante par mois. Le nombre est bien moindre pour un journal qui est lu à travers la planète. Nous en convenons bien, mais tenant compte de certaines variables dont les francophiles, les sujets abordés et la polémique qui, (de temps à autre, essaie de tromper notre vigilance), nous pouvons dire que c’est une moyenne appréciable.
Au cours de ces années, Le Monde Évangélique s’est efforcé d’atteindre les trois objectifs qu’il s’était, au préalable, fixés, savoir : informer, éduquer et conscientiser.
Selon les observations et l’évaluation de la situation, comme rédacteur en chef, je pense que ces trois objectifs sont seulement mis sur sentier. Je ne saurais parler encore de pourcentage atteint. Le climat étant ce qu’il est, chaque pas marqué ouvre l’horizon à des milliers d’autres. Ainsi, on a l’impression d’être toujours à ses débuts sinon qu’à la remorque. Oui, dis-je bien : à la remorque. Mais de qui? De quoi? … N’aimerions-nous pas informer le public? Si. Mais comment procéder? Comment passer l’information que nous recueillons, dont nous disposons? Voilà l’écueil qui me guette à l’arrivage d’un article sur mon bureau de rédacteur. Il ne faut jamais oublier que nous avons affaire avec des êtres humains dotés d’une certaine personnalité et doués de sensibilité. D’un individu à un autre, ces deux variables sont bien différentes. Les poids émotifs peuvent être très variés et les connotations agréablement ou désagréablement diversifiées. Amis de la vérité, nous ne voulons nécessairement pas nous affubler de gangs blancs pour nous pencher sur les textes qui atterrissent dans notre boîte électronique. Certes, nous sommes tenus de prendre certaines précautions, car, à moins que je me trompe, le premier intérêt consiste à consolider le petit reste de peur qu’il ne défaille, lui aussi, et tombe.
Éduquer, oui bien sûr, on s’éduque et éduque sans relâche, constamment, dans toutes les couches sociales et à tous les niveaux. C’est une tâche qui incombe à tous. Nous n’aimerions pas faire faux bond en sous-estimant la portée de l’éducation et la passer sous silence. En pensant éduquer nous nous éduquons nous-mêmes. En effet, très très jeune je lisais une phrase de Jean Suberville, qui depuis ne s’est écartée de mon esprit une minute. La voici : «Il faut limer, frotter sa cervelle contre celle d’autrui : on apprend toujours quelque chose avec les autres. » Comme membres à part entière de la communauté pensante, nous ne saurions déroger à cela. Penser éduquer d’autres fraie un sentier insoupçonné qui débouche sur des avenues qui, autrement, resteraient inconnues, dissimulées, cachées même d’éventuels et fins chercheurs.
Quant à conscientiser, il s’agit pour nous de sentir le monde, de toucher chaque personne en particulier – qu’elle soit jeune, moins jeune ou d’âge avancé –, d’entendre cette personne respirer, de traduire son soupir en mots qui parlent, qui suscitent de la réflexion et poussent à l’action. Il importe de secouer certains individus qui sombrent dans une torpeur accablante qui étourdit désespérément leur faculté de penser. Nous croyons qu’il est temps qu’ils se réveillent, qu’ils ouvrent grand leurs yeux, se mettent debout et marchent sans trembler. Qu’ils sachent que nous vivons dans une société de droit et non de devoir seulement. Il ne faut pas qu’ils s’attendent à ce que d’autres le fassent à leur place : c’est leur responsabilité, qu’ils l’assument. Mais, il incombe tout autant à tous de tancer ceux qui dorment volontairement debout ou qui sont tout bonnement endormis. Car, la vie est une lutte collective. Par moments, il faut l’affronter en tant que communauté humaine et non individuellement : on ne s’en sortira pas tout seul. Or, tout échec fait régresser, d’une façon ou d’une autre, le corps sociétal. Nous en subirons tous, de loin comme de près, les répercutions. Pour toutes ces raisons, nous ne saurions nous contenter d’être seulement spectateurs des situations scabreuses – qui remettent en question la décence -, disant : cela ne me concerne guère, ce ne sont pas de mes oignons. Je ne m’y mêle pas, je ne veux pas m’y tremper…
Prétendons-nous être le sauveur de tous ces sans-voix, de tous ces bêtifiés? Loin de là : il n’y a qu’un Sauveur du monde, Jésus-Christ. Néanmoins, il se forge en chacun de nous un représentant auprès de tout le reste. Si tous les membres de la société n’estiment pas nécessaire d’être à la hauteur de la mission qui leur est investie, il doit y avoir des gens à vouloir s’en acquitter en dépit des obstacles rencontrés, des barrières dressées et des échecs essuyés. L’équipe qui compose LeMondeÉvangélique.com se range du côté de ces gens-là qui ne veulent déroger à l’ordre de ce Sauveur aimable, altruiste et compatissant.
Voulez-vous être un de ces agents supporteurs, un de ces « ambassadeurs de Jésus-Christ »? Joignez-vous à l’équipe : nous avons beaucoup plus d’éléments en commun que ceux-là qui nous différencient et nous divisent. Venez souder vos coudes aux nôtres. Ensemble, nous travaillerons au développement d’une cause qui nous concerne tous, le respect de l’être humain créé à l’image et à la ressemblance de Dieu.
Joyeux anniversaire!
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