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PLAIDOYER POUR UNE SCOLARISATION SANS DISCRIMINATION EN HAITI1
Par
Bénédique Paul
Dans ce papier, nous2, souhaitons aborder un phénomène de société alarmant. Celui de la discrimination à l’accès à l’élément de base qu’est la scolarisation pour tout individu. Selon la Croix-Rouge, plus de 2,3 millions de personnes vivent avec la honte, le plus souvent cachée, de ne savoir ni lire ni écrire. Certaines n’ont jamais été scolarisées et sont donc considérées comme analphabètes. D’autres personnes ayant été peu scolarisées ont perdu la maîtrise de la lecture et de l’écriture et sont donc considérées comme illettrées. Le mot analphabète est pris pour être très péjoratif dans le parler haïtien. En Haïti, on considère qu’« analphabète c’est bête » alors que le taux d’analphabétisme y est préoccupant (50% officiellement, avec un niveau plus élevé chez les femmes). Comment approcher ce malheureux phénomène ? Quelle pourrait en être une solution satisfaisante ? Avant d’analyser le comment et le pourquoi de lutter contre un tel phénomène, il est important de nous mettre d’accord sur ce dont nous parlons. Ensuite, nous argumenterons l’efficacité d’investir dans la scolarisation au lieu de concentrer les efforts dans l’alphabétisation.
L’analphabétisme
Il n’est pas étonnant de savoir qu’en 2006, près de 13 % de la population mondiale était analphabète. L'analphabétisme se définit généralement comme l'incapacité complète à lire et à écrire, le plus souvent par manque d'apprentissage. En 1959, l'Unesco donnait la définition suivante de l'analphabétisme : « une personne analphabète ne sait ni lire ni écrire, en le comprenant, un texte simple en rapport avec sa vie quotidienne ».
On parle aussi d’« analphabétisme fonctionnel ». On définit comme analphabète fonctionnel celui qui a moins de quatre années d’études et qui est capable seulement de comprendre un texte court d'une seule phase.
L’analphabétisme fonctionnel est donc proche de l’illettrisme. En effet, l’analphabétisme, à cause de sa traduction anglaise par « illiteracy », se confond parfois avec l’illettrisme. C’est encore une autre problématique. Mais les deux notions sont tout à fait différentes. Pour les personnes qui n’ont jamais été scolarisées, on parle d’analphabétisme tandis que l’illettrisme concerne les personnes qui ont été scolarisées et qui n’ont pas acquis une maîtrise suffisante de la lecture, de l’écriture, du calcul des compétences de base pour être autonomes dans les situations simples de la vie courante.
Ces cartes montrent comment est la situation de l’éducation dans le monde.


Source : UNESCO Source : ISU (ONU)
Carte du niveau d’alphabétisation dans le monde
Sur les deux cartes, nous pouvons constater qu’Haïti est le pays ayant le plus fort taux d’analphabétisme de la Caraïbe. Entre temps, les gouvernements haïtiens lancent ordinairement des programmes d’alphabétisation (comme par exemple celui du 8 septembre 2007), journée internationale contre l'analphabétisme, une campagne massive d'alphabétisation, annonce la secrétairerie d'État àl'alphabétisation (SEA). Cette campagne qui devrait toucher près de 3 millions d'illettrés de 14 à 50 ans a-t-elle eu le caractère de propagande politique ? L’histoire en dira mieux. En tout cas, l'analphabétisme touche plus de 3 millions de personnes faisant partie de la population active haïtienne, en particulier la population féminine, ce qui représente un peu plus de 50% des haïtiens (Unesco).
Illettrisme
Dans le monde, 860 millions3 d’hommes et de femmes sont confrontés à l’incapacité de lire et d’écrire, privés des plus simples compétences de base. Les pays industrialisés, où la scolarité est obligatoire, ne sont pas épargnés.
On parle d'illettrisme quand il y a eu apprentissage de la lecture et de l'écriture mais que cet apprentissage n'a pas conduit à leur maîtrise ou que la maîtrise en a été perdue. L’illettrisme est associé à une durée de moins de 5 années de scolarisation. Est qualifié "d'illettré" quelqu'un qui est incapable de lire un texte de 70 mots, texte qu'il serait parfaitement capable de comprendre s'il lui était lu par une tierce personne. Ce problème d’accès au sens des écrits semble réduire l’individu à échange uniquement verbal. Ses moyens personnels de communication ne sont qu’oraux. Ce problème est mondial. Il parait qu’en France, on peut parler d’illettrisme pour 9% de la population (INSEE, 2005).
Pour certains auteurs, l'urbanisation, la richesse et l'éducation font partie des principaux facteurs de l'illettrisme. Aussi, les plus forts taux d’illettrisme sont observés dans les pays du Tiers-Monde (pays arabes, Amérique Centrale et Afrique Sub-Saharienne). Alors qu’au XIXe siècle, les sociologues Max Weber et Auguste Comte ont émis l'hypothèse que la disparition de l'illettrisme allait de pair avec la fin des religions, des sociologues modernes comme André Malraux ont remis cette thèse en question. Aujourd’hui, il semble qu’il est lié à des problèmes de type socio-économique, et d’absence de politiques adéquates. Dans les pays développés on observe aussi des taux élevés d’illettrisme, comme aux Etats-Unis, au Japon et en Europe. Mais le vrai problème rongeant et éreintant les sociétés peu développées est l’analphabétisme. Comment et pourquoi ce mal perdure-t-il ?
La reproduction de l’analphabétisme
Le plus souvent l’analphabétisme se reproduit pour des raisons politiques. Le système de domination sur lequel reposent les classes dirigeantes dans les pays pauvres, comme c’est le cas en Haïti, s’alimente d’une masse nécessaire d’analphabètes. Puisque l’éducation ouvre la voie à l’acquisition des droits fondamentaux de l’homme, les luttes pour l’acquisition et la jouissance de ces droits fondamentaux sont retardées par l’analphabétisme, d’où une sorte de stratégie peu scrupuleuse de certains dirigeants.
Lorsque les politiques développent des programmes d’alphabétisation massive, parfois c’est sous suite à des nécessités électives. Il s’agit de doter les personnes en âge de voter la capacité de manipuler un bulletin de vote. D’où en lieu et place d’une politique, une manipulation. L’objectif n’est donc lié à aucune politique économique globale. Alors que dans beaucoup de pays développés, les politiques d’éducation massive étaient liées aux politiques d’industrialisation. Nous y reviendrons pour montrer pourquoi souvent l’alphabétisation est privilégiée au lieu de la scolarisation.
En Haïti par exemple jusque vers la dernière décennie du siècle dernier, les débats sur l’analphabétisme ne bénéficiaient d’aucune considération sérieuse aux yeux des dirigeants. Et à l’heure actuelle, l’illettrisme n’est même pas bien défini en Haïti. Il a été créé récemment une secrétairerie d’Etat à l’alphabétisation, dépourvue de ressources budgétaires suffisantes et de politiques appropriées, son action n’est pas vraiment sensible au niveau des statistiques.
L’analphabétisme se reproduit à travers les générations (parents-enfants) à travers un cercle vicieux. Les parents analphabètes sont parfois peu motivés par l’intérêt de la scolarisation, surtout lorsque la ruralité du cadre de vie et la maigreur sinon la précarité de l’économie familiale renforcent la situation. En effet, l’investissement dans la scolarisation des enfants représente et exige un budget souvent supérieur aux revenus des familles rurales des pays pauvres. Par ailleurs, les parents analphabètes sont incapables d’aider leurs enfants à améliorer leurs résultats scolaires. Des articles ont été publiés sur les relations entre le capital humain et le capital social (Winch 2000; Balatti and Falk 2001; Kearns 2004, Burnheim 2004). Ils expliquent les interactions entre l’environnement social (et culturel) sur l’éducation. Nous ne reviendrons pas là-dessus.
Le marché développé autour de l’éducation très peu desservie par l’administration publique en Haïti contribue énormément à écarter les enfants des familles pauvres du système scolaire. Nous avons enseigné en Haïti et avons assisté au renvoi en cours d’année des enfants dont les parents sont incapables de payer les frais scolaires exigés (on sait que ces frais sont déterminés arbitrairement par les responsables d’établissements scolaires, sans aucun contrôle publique). Peut-être, le lecteur de ce papier pourra imaginer que parfois certains de ces enfants sont doués de capacités extraordinaires d’apprentissage. Mais que moins de 30% des élèves en première année de l'école primaire poursuivront leurs études jusqu'à la sixième (USAID/Haïti). Alors qu’il existe une forte demande pour l'éducation au sein des familles haïtiennes, comme le prouve le pourcentage élevé du revenu des ménages affecté à l'éducation (environ 15% du revenu par enfant). En effet, les parents haïtiens considèrent l'éducation comme une source d'amélioration de leurs conditions de vie.
Moyens de lutte
Sans prétendre nous positionner en donneur de leçons, puisque n’est pas notre intention ni notre propos, nous pensons qu’avec un peu de sérieux, il semble évident de délimiter le problème avant de s’y attaquer.
Mieux délimiter le problème
A l’ère de la haute technologie, on est en train de parler d’analphabétisme informatique. Pourtant, dans le monde, et particulièrement en Haïti, la lutte commence par la nécessité de l’utilisation de l’écrit. Si dans un pays comme la France, l’illettrisme est un mot dur, qui suscite la réaction, l’indignation – en effet, en parler est encore aujourd’hui nécessaire pour que ceux qui y sont confrontés ne soient pas oubliés, car ils ont pour caractéristique de chercher à cacher une situation trop souvent synonyme d’échec – dans les pays du Tiers-monde, le plus grand problème est le premier contact avec l’écriture et la lecture.
Dans la plupart des pays, comme en Belgique par exemple, la réduction de l’analphabétisme se fait par la scolarisation obligatoire. Bien entendu, en tant que décision publique, l’Etat doit disposer de moyens humains, matériels et financiers pour parvenir à un tel objectif. Or, la mise en œuvre d’une telle mesure me semble être de nature économique. Par exemple, en France, dans les années 1800, l’instauration de l’école obligatoire pour tous venait d’un besoin de nature productive et d’industrialisation. L’ouvrier devient plus productif et autonome lorsqu’il est scolarisé. Pour mieux comprendre, il suffit d’imaginer un ouvrier travaillant sur une machine de haute technologie alors qu’il est incapable de lire une fiche technique ou une consigne de sécurité. C’est aussi pour des raisons économiques que la scolarisation obligatoire et la sécurité sociale (protection au travail, accidents de travail) sont liées.
En Haïti, la Constitution de 1987 fait très clairement ressortir le caractère prioritaire de ce niveau d’enseignement. A l’article 32.3, il est stipulé que «l’enseignement primaire est obligatoire et sous peine de sanctions à déterminer par la Loi. Les fournitures classiques et le matériel didactique seront mis gratuitement par l’Etat à la disposition des élèves au niveau de l’enseignement primaire ». Pourtant, en Haïti, le secteur éducatif est caractérisé par la capacité limitée de l'Etat à fournir des services. Pour bien comprendre les limitations, il faut s’imaginer que les politiques d’éducation dépendent de l’aide internationale. Le résultat est lamentable : près de 90% des écoles primaires sont non-publiques (USAID/Haïti). Et environ 88 % des enfants scolarisés en Haïti le sont dans les écoles privées (Unesco).
Mieux territorialiser le problème
L’analphabétisme est majoritairement rural dans les pays sous-développés. Cette répartition semble courante. Par exemple, en France, 50% des personnes concernées en situation d’illettrisme, vivent dans des zones rurales ou faiblement peuplées. L’analphabétisme rural se nourrit d’une mauvaise politique territoriale que l’économie politique peut aider à comprendre. Les groupes de pressions les plus actifs sont urbains et péri-urbains, aussi les dirigeants politiques répondent d’abord à leurs aspirations. Autrement dit, l’offre en éducation marche au rythme du lobbying.
A l’heure actuelle, en Haïti, le plus grand nombre de personnes incapables de prendre connaissance d’un message écrit se trouve en milieu rural. Une mesure visant à résorber ce problème devrait se donner les ressources nécessaires pour amener le dispositif nécessaire à proximité des personnes concernées dans leur milieu et leur cadre de vie. Car l’absence d’établissements scolaires proches pénalise du milieu rural à ne pas être scolarisés. Un enfant de 5 ans ne saurait faire des kilomètres à pied (dans des sentiers périlleux et en terre battus) pour se rendre à l’école.
Cette absence de service publique dans le milieu rural haïtien, à commencer par l’éducation, est à la base de l’exclusion sociale et économique qui empêche le pays de se développer. On connaît l’expression « gens d’en dehors » qui sert à caractériser les populations rurales haïtiennes. Comme s’il existait des gens d’en dedans. Aussi longtemps qu’il existe la discrimination territoriale de l’éducation, à laquelle s’ajoute (dans les villes cette fois) la discrimination par les prix, les statistiques permettront de classer le pays parmi les plus pauvres du monde.
En réalité, l’analphabétisme se nourrit de la non-scolarisation. Aussi dans un pays comme Haïti, beaucoup d’efforts sont récemment déployés dans des campagnes d’alphabétisation des adultes. Pourtant, l’économie politique permet de comprendre l’enjeu principal. Puisque pour un gouvernement, à court terme, la propagande la plus rentable est dans la population en âge de voter. La décision court-termiste consiste à investir le peu de ressources budgétaires à l’alphabétisation. Ainsi des efforts insuffisants sont faits dans la scolarisation des enfants.
Notre plaidoyer
Dans ce papier, nous soutenons une vision à moyen et long terme nécessaire aux processus de développement économique et social. Si à court terme l’alphabétisation et la lutte contre l’illettrisme paraissent nécessaires pour les adultes et les jeunes, la meilleure solution semble être la scolarisation des enfants. En effet, si l’on apporte une solution durable à la non-scolarisation des enfants, il ne sera pas nécessaire de recourir à l’alphabétisation.
L’absence d’établissements scolaires dignes du nom dans la plupart des zones rurales profondes fait gonfler les chiffres des non-scolarisés. Les familles rurales sont très populeuses. La distance à parcourir à pieds à travers des sentiers en terre battue souvent abrupts empêche les enfants à accéder à la scolarisation à l’âge normal. Lorsque ces enfants pourront parvenir à l’école du village le plus proche, ils sont déjà trop âgés et sont vite découragés à abandonner le parcours scolaire. Ainsi l’absence des services de base dans les zones rurales contribue à reproduire la population analphabète. Nous plaidons donc pour une scolarisation sans discrimination pour les enfants en Haïti.
L’analphabétisme se reproduit et se perpétue pour le besoin de la domination. Pendant plus d’un siècle en Haïti, il n’a jamais été question pour les politiques de pourvoir à la scolarisation des masses paysannes. Les quelques rares épisodes de bonne volonté ont été raccourcis par la méchanceté de la classe dominante. Cette dernière vit de la manipulation une masse non-éduquée. Cette masse devient nécessaire au système de domination dictatoriale installée. Le premier vrai discours en faveur de l’éducation des masses est entendu après la fin des régimes dictatoriaux, en 1987.
Pourquoi un plaidoyer4
L’ANLCI que nous avons citée considère que donner à tous à tout âge un socle fonctionnel qui regroupe les compétences nécessaires à la vie courante est la base de la base.
Il semble que le changement économique et social dans les pays pauvres dépend aussi des possibilités d’acquisition et de ré acquisition de ce socle fonctionnel, cette base de la base en lecture, en écriture et en calcul, les compétences de base nécessaires aux actes simples de la vie quotidienne, pour être plus autonome dans sa vie familiale, professionnelle et citoyenne.
La décennie 2003-2013 a été consacrée Décennie des Nations Unies pour l'alphabétisation. Or dans un nouveau rapport, l’ISU (institut de statistiques de l’ONU) indique que le budget consacré à l’éducation dans un seul pays du niveau de l’Allemagne, la France, l’Italie ou le Royaume-Uni est supérieur à celui consacré à l’éducation par l’ensemble de la région sub-saharienne du continent africain. C’est la preuve que nous sommes loin d’une acquisition possible de l’objectif 2 du millénaire visant à « Assurer l'éducation primaire pour tous, donner à tous les enfants, garçons et filles, les moyens d'achever un cycle complet d'études primaires ».
Il est établi récemment que les allocations sont de l’ordre de 14% du budget pour l’éducation, et ne financent que 13% des dépenses scolaires totales (le reste étant le fait des ménages) (PNUD/Haïti). Puisque nous savons que les ménages (notamment les ruraux) sont dépourvus de ressources financières suffisantes pour faire face aux dépenses d’éducation toujours croissantes, il nous parait nécessaire un meilleur réengagement de l’Etat.
Pourquoi un plaidoyer ? – parce que la scolarisation est nécessaire à l’individu pour parvenir l’autonomie et la citoyenneté. D'une manière générale, la scolarisation prépare l’enfant à entrer dans la société. Le but de la culture écrite est d'acquérir une certaine autonomie, afin de mieux prendre place dans la société de culture écrite. Par la scolarisation, l’enfant intègre les institutions et les valeurs de la société.
Pourquoi un plaidoyer ? – parce que prévenir vaut mieux que guérir. Tous les haïtiens connaissent ce dicton soulignant l’utilité de la prévention. Pourtant, le constat des efforts déployés montre bien que les personnes les plus directement touchées ne sont pas armées pour faire face au phénomène. L’analphabétisme est souvent lié à un contexte de pauvreté, puisque l’éducation est un investissement majeur, notamment lorsque c’est à la charge des familles.
Il nous paraît peu efficace d’investir le peu de ressources d’une nation pauvre comme Haïti dans des campagnes d’alphabétisation à caractère propagandiste, alors que les enfants ne sont pas scolarisés. Au fait, si le problème de la scolarisation n’est pas résolu, il sera toujours nécessaire d’investir dans l’alphabétisation. Cette stratégie n’est donc pas efficace à moyen et long terme, et par conséquent ne relève pas du domaine du développement, encore moins du développement durable.
Nous avons créé l’Association de solidarité internationale en faveur de la scolarisation des enfants de familles rurales pauvres en Haïti (Association « Les Amis des Enfants d’Haïti » (AEH : http://www.amis-enfants-haiti.org). Mais nous somme conscient que l’éducation des enfants d’une nation relève de politiques publiques. Notre motivation est l’investissement dans l’enfant dans le but d’instituer un citoyen doté d’outils lui permettant de bien jouer son rôle au sein de la société. Nous luttons donc pour la jouissance des droits fondamentaux de l’individu à l’état d’enfance, ce sans discrimination.
1. Ce papier a été présenté le vendredi 28 décembre 2007, à la célébration du génie africain (KWANZAA), à Montpellier, pour le compte de l’association « Les Amis des Enfants d’Haïti » (AEH).
2. L’auteur, Bénédique PAUL, est doctorant en Sciences Economiques à l’Université Montpellier 1 et président-fondateur de l’association « Les Amis des Enfants d’Haïti » (AEH). Voir http://www.amis-enfants-haiti.org.
3. http://www.anlci.gouv.fr/?id=illettrisme Site de l’Agence Nationale de Lutte contre l’Illettrisme, en France.