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Il existe bel et bien, un cinéma haïtien aujourd’hui
Par Frantz Jean-Baptiste

Après la peinture, la sculpture et la musique, trois grands pôles qui ont toujours fait inexorablement l’honneur de cette République souffrante, aujourd’hui, sans complexe, ni tohu-bohu particulier, les Haïtiens entrent dans une nouvelle dimension des choses de l’esprit, de la créativité et des valeurs de civilisation. Pour certains critiques du cinéma, la valeur d’un bon film dépend du budget qui y est consacré. Une telle approche ignore systématiquement la valeur de l’art. Quoi que l’on considère le cinéma comme première industrie culturelle du vingtième siècle, il ne demeure pas moins, avant tout, une œuvre artistique. C’est ce qui permet aux Haïtiens, amateurs tout désignés du monde de l’art, d’accéder en toute quiétude en ce début de millénaire, au 7ème art.

Pendant longtemps, on ne pouvait découvrir la culture haïtienne qu’à travers la littérature écrite, la musique, la peinture et la sculpture. Grâce à l’accessibilité offerte par la technique moderne aux petites bourses, le cinéma hollywoodien a de quoi déjà à se faire du souci face à la compétition déclarée de nouveaux cinéastes perspicaces du tiers-monde dans les arènes de cet art moderne dont la bataille pour la maîtrise du marché, devrait porter désormais sur la problématique artistique et non uniquement pécuniaire, telle que la machine hollywoodienne l’a toujours imposé à travers le temps.

La plupart des nouveaux cinéastes haïtiens s’ouvrent de plus en plus au monde et font découvrir des histoires merveilleuses de la société haïtienne, Histoires exprimant la sensibilité des époques ayant marqué l’existence de cette Nation, à tous les échelons. Cette émergence insoupçonnée de la nouvelle culture cinématographique haïtienne, se dresse comme un miroir face au tribunal de la conscience de chacun, en vue de rompre avec un certain passé fait de souffrance et d’humiliation, encore pesantes sur l’orientation de ce peuple. Bien que certains imposteurs tentent d’investir cet espace, l’agrément des consommateurs de films haïtiens, fait toujours la différence au bout du compte. Nous voulons pour évidence, un tout nouveau film : DIVISION, paru tout récemment à Boston Massachusetts, sous la direction du réalisateur, Jean Gardy Bien-Aimé.

Ce film raconte l’histoire d’un jeune homme pris au piège de l’amour d’une jeune femme et celui de la mère de celle-ci. Suite à une aventure binaire avec elles, un peu gênante pour ce garçon qui serait plutôt de bonne famille, le rire, la violence et les pleurs portent l’émotion du public au plus haut de son paroxysme. C’est un film qui se veut différent tant dans son contenu, que par l’expression bien esquissée des talentueux acteurs. On peut citer, entre autres : Jocelyne Dorismé, Anthony Milord, Soledad Elisabeth Jean qui nous ont plongés à la sortie du film à Boston, dans une réalité remarquable et sans précédent. DIVISION, un film à voir et à consommer sans modération, sous la direction de son producteur, Anrino Destinoble. Hormis une petite scène d’amour d’environ 5 secondes, qui laisse à désirer, ce film pourrait être aisément vu en famille. D’autant plus, il est en créole et sous-titré en Anglais. Après les Bostoniens, ce sont les Montréalais qui auront le plaisir d’aller voir ce film, ce samedi, 24 mai 2008. Le cinéma a cette vertu de combler votre curiosité, par toutes sortes de rencontres qui peuvent transformer votre vie. [Le Ruisseau des singes (2000)] Jean-Claude Brialy

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