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Commentaires sur les félicitations à Frantz Morisset

par Frantz S. Morisset, Dr ès Sc. 

Dans son article, « La réaction du pasteur Franky Narcisse ou le réflexe de la Chasse aux sorcières, M. Hébert Lacombe a utilisé –et j’en suis flatté- une portion de mon ancien article sur le roman Da Vinci Code pour démontrer comment bien argumenter. Toutefois, j’ai vite décelé le danger de la citation, laquelle pourrait être comprise hors contexte, conduisant ainsi à une mauvaise interprétation de mes pensées.

Clarifier l’effet de la citation

Le danger ici serait l’impression apparente que j’appuie les méthodes d’interprétation ou de penser du Dr Fils Aimé.  Loin de là !  Sans vouloir m’impliquer dans cette guerre de mots qui assassine les caractères de l’agape de I Cor. 13, j’aimerais dire clairement aux lecteurs du JME que je ne partage pas dans mon article les conceptions du Dr Fils Aimé qui a appuyé Brown dans son acceptation chaleureuse des livres apocryphes.  Non, je n’oserai pas mettre ces livres gnostiques au niveau de la Bible (mon article en donne les raisons) et jeter le doute quant à la vérité pure des quatre évangiles.  Laissez-moi clarifier aussi que le roman de Brown ou l’ouvrage du Dr. Fils Aimé « n’a pas porté atteinte à ma foi », non pas parce que je puis raisonner intelligemment selon la sagesse humaine –folie aux yeux de Dieu (I Cor 1 :20,3 :19), mais simplement parce que je sais en qui je crois (en ce Seigneur Jésus des Saintes Écritures -2 Tim. 1 :12).  Une croyance qui  repose non sur la philosophie mais sur une connaissance prisonnière du Christ et de la grâce de Dieu.

Comme Hébert Lacombe l’a déjà demandé -et je le remercie, je vous invite amis lecteurs à lire mon article en question au lieu de vous satisfaire seulement de la portion citée en référence.  En toute justesse, il est incorrect d’écrire que mon « argumentaire renforce la déclaration du Dr. Fils Aimé. »  Ce dernier n’a éprouvé aucun problème avec le faux Jésus  des livres apocryphes, ainsi donc le Jésus pécheur de Brown n’a pas affecté sa foi.  Moi, je reconnais le vrai Jésus des évangiles en qui « habite corporellement toute la plénitude de la divinité », ainsi donc ma foi n’est pas ébranlée, étant enracinée non pas dans des réflexions philosophiques –folie aux yeux de Dieu- mais dans l’infaillible parole inspirée de Dieu.  Donc il ne faut pas chercher à mettre nos arguments sur le même plan.

Renverser les faux raisonnements

Quant à moi, je cherche, comme les Écritures  l’enseignent, à « renverser les faux raisonnements ainsi que tout ce qui se dresse prétentieusement contre la connaissance de Dieu. » (2 Cor 10 :5)  Je ne propage ni ne supporte de fausses doctrines au nom de la tolérance et de l’inclusion.  Avec larmes Paul a averti contre ce danger avant de laisser  Éphèse (Actes 20 :17-38). « Je sais », dit-il, « qu’il s’introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau, et qu’il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux. »  Que celui ou celle qui lit fasse attention ! Les admirateurs de Brown peuvent louer son « ingéniosité », mais moi, j’ai dévoilé derrière cette apparence de génie : son habileté à tromper, ses stratégies de mélanger l’erreur et la vérité, ses moyens de séduction et sa malice même. Je ne saurais m’amuser à faire de la philosophie alors que des lecteurs et lectrices ont besoin de Jésus comme Sauveur et Seigneur.  La valeur d’une âme est trop élevée pour que je cherche à gagner le prix de l’univers de la connaissance et l’approbation des hommes modernes au détriment des âmes sur la voie de la perdition. (Mat 16 :26)

Ferme sur l’Écriture plutôt que sur la philosophie

J’ai bien noté les compliments de M. Lacombe à mon égard quand il ajoute : « Rien de plus clair, de plus véridique et de plus théologiquement cohérent. Sur la base de cet argumentaire, Frantz Morisset a fait un travail très appréciable en donnant des éléments de réponse aux chrétiens secoués dans leur foi. »  Merci.  Cependant, j’espère mille millions de fois que ces « éléments de réponse aux chrétiens secoués dans leur foi » ne résident pas réellement dans mon argumentaire originel, mais plutôt dans les enseignements de la Bible elle-même avec l’aide du Saint-Esprit, dans les instructions que les croyants fidèles reçoivent de leur pasteur au sein de leur propre congrégation et non à travers les médias.  En réalité, ma réponse conclusive qui mérite le plus d’attention concernant le mariage présumé de Jésus est écrite après le passage de mon article qu’a cité M. Lacombe.  Là j’ai considéré les faux raisonnements de l’auteur à la lumière des enseignements de l’Écriture concernant Jésus, tout en cherchant à amener « toute pensée captive à l’obéissance de Christ » (2 Cor 10 :5).  J’ai démontré objectivement d’après l’Écriture que Jésus n’était pas marié à Marie de Magdala, et croire à une telle possibilité est une absurdité, une pensée contraire à la Bible et qui n’est non plus supportée par l’histoire.  Donc, les arguments présentés qui feraient applaudir les intellectuels ne sont que secondaires, et peut-être même, superflus. N’oublions pas que la connaissance enfle. (I Cor 8 :1)  Malheureusement, il est difficile à certains savants qui en dépendent religieusement de le reconnaître.

J’apprécie l’impact conciliable que Hébert Lacombe envisage si les pasteurs Cayo et Narcisse avaient lu mon texte sur le Da Vinci Code. Mais je n’aimerais pas que cette approbation de mon article porte  à croire que mes raisonnements s’accordent avec ceux du Dr. Fils Aimé ou du journal. En cherchant à abattre la fausse science et à renverser « tout ce que l’on dresse orgueilleusement contre la connaissance de Dieu » je ne veux pas m’appuyer trop sur la sagesse folle des hommes. J’aurais pu faire l’étalage de connaissance en citant Martyr, Kant, Hume, Diderot, Hegel, Descartes par exemples pour parler de simples sujets que la parole de Dieu traite clairement. Mais je m’engage principalement à faire « prisonnière toute pensée pour l’amener à obéir au Christ. » Y compris celles des philosophes.  Donc, je doute que ma méthode offre un terrain d’entente.  Prenons par exemple les critiques du silence des pasteurs : mes pensées sur la situation apportent-elles un trait d’union, un cadre pour réconcilier les partis 

Le son divin du silence

Face aux attaques sur la nature de la foi chrétienne pure, certains leaders haïtiens ont choisi de garder publiquement le silence selon, je l’espère, le degré de sagesse que l’Esprit leur donne (I Cor 12).  Le silence (sans nous rendre nécessairement inactifs) est souvent une défense puissante, une attitude qui rappelle celle de Dieu.  Jésus parlait quand il le devait suivant sa propre sagesse.  Il garda souvent le silence.  Il le fit devant Hérode, quand le malfaiteur se moquait de lui sur la Croix, quand on l’insultait et le battait...  Ésaïe le décrit : « ...Et il n’a point ouvert la bouche, Semblable à un agneau qu’on mène à la boucherie, À une brebis muette devant ceux qui la tondent; Il n’a point ouvert la bouche. »  Habacuc, David et d’autres hommes de Dieu s’inquiètent du silence de Dieu. Habacuc ose même le questionner. D’autres parlent de son absence.  Dieu garde le silence durant presque tout le drame de Job (37 chapitres) alors que les conseillers parlent beaucoup. L’Éternel  rompit son silence jusqu’au chapitre 38.  Trop souvent même, lamenteraient beaucoup, Dieu garde apparemment le silence, qu’on l’attaque, qu’on l’ignore ou qu’on le dégrade, etc.  Jésus lui-même sur la croix résonne le son du silence : « Père, Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Que dire de son silence entre Malachie et Mathieu.  Le Vatican a gardé le silence durant la période chaude du Da Vinci Code. Les trois théologiens haïtiens dont les oeuvres essentielles ont servi de base principale à la thèse du Dr. Fils Aimé, ont sagement et en toute apparence gardé le silence. Alors, pourquoi ironiser, déprécier certains bergers (je ne suis pas un pasteur) pour avoir gardé une attitude similaire alors qu’on devrait plutôt s’en prendre plus aux auteurs théologiens eux-mêmes? Ces derniers sont encore respectés en dépit de leur silence.  Prions que Dieu donne davantage de  sagesse aux pasteurs (Jacques 3 :13-18) pour savoir de mieux en mieux comment diriger leur troupeau dans les moments difficiles ; prions que notre Père nous donne autant de sagesse et d’esprit d’obéissance afin de nous appliquer comme brebis à traiter avec respect et dignité les fidèles pasteurs (Héb. 13 :7, 17) qui « dispensent droitement la parole de la vérité. » (2 Tim 2 :15).

Qui nous a demandé raison de l’espérance en nous ?

On tend souvent à évoquer ce passage de Pierre sur le cas au Québec : « ...toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous,... » (I Pie 3 :15)  Notons que le passage parle de «quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous... »  Les Athéniens à l’Aréopage demandèrent à Paul « Pourrions-nous savoir quelle est cette nouvelle doctrine que tu enseignes?  Car tu nous fais entendre des choses étranges. Nous voudrions donc savoir ce que cela peut être. » (Actes 17).  Aujourd’hui, on cherche à fermer la bouche des chrétiens fidèles, les traitant d’obscurantistes, n’ayant plus de voix dans l’arène publique.  La situation au Canada, comme dans le monde occidental « post-moderne » n’est pas celle qui nous demande aucune raison.  L’ennemi attaque d’une manière qui doit nous rappeler que « la connaissance enfle », et ce, depuis Eden.  Que faire ? Le Bon Berger a préparé ses disciples, et le plus souvent, en privé. C’est peut-être l’une des plus grandes responsabilités d’un bon pasteur : bien équiper les soldats pour la bataille spirituelle, tout en leur faisant connaître sans être fanfarons les stratégies de l’ennemi. Avant de laisser Éphèse (Actes 20), Paul ne s’adressa pas aux « loups cruels» déguisés en bergers pour les corriger. Leur connaissance les rend orgueilleux.  Il fit plutôt appel aux anciens en privé (e) pour les avertir. Contrant  ceux qui s’opposèrent à lui à Corinthe, Paul s’adressa à l’Église et aux saints de la Grèce entière pour les mettre en garde contre ceux qui « falsifient la parole de Dieu, comme font plusieurs. » (2 Cor 2)  Que dire des Galates ? Paul les a enseignés et les a mis en garde contre les « gens qui troublent, et qui veulent renverser l’Évangile de Christ » (Gal. 1 :7).  Concernant la confusion à Colosses, Paul n’écrit pas aux philosophes qui enseignaient des erreurs et qui bouleversaient les fidèles, mais il a écrit aux disciples (l’épître aux Colossiens) sur la vérité, sur le véritable Jésus afin que leur foi soit bien affermie.  (Je n’ignore pas qu’il y ait des cas –l’histoire de l’Église en donne beaucoup- où l’on doit s’adresser directement et vigoureusement aux fauteurs de trouble.) Au Canada comme aux États-unis, l’ennemi ne demande aucune raison de notre espérance comme s’il était prêt à apprendre quelque chose de nous.  Non. Il attaque, se « déguisant même en ange de lumière » tout en ironisant les fidèles. Que l’Esprit nous dirige tous de sorte que nous sachions quand et comment il faut parler, quand il faut travailler en privé dans le silence ou en public, quand il faut fuir ou résister, et qu’aux pasteurs de savoir comment protéger les troupeaux et quelles stratégies  utiliser, non pas suivant la dictée de la culture, mais avec prières et la direction de l’Esprit Saint.  Que le Seigneur nous donne de l’intelligence spirituelle en toutes choses.

Notre bataille est spirituelle

N’oublions pas que notre bataille est spirituelle (Éph. 6), contre laquelle nous devons utiliser des armes et méthodes spirituelles, y compris la prière et le jeûne.  Nos armes « tiennent leur puissance de Dieu » (2 Cor 10 :4), non pas des universités ni de la sagesse étrangère à la vérité révélée.  Certes, celles-ci ont leur valeur dans le combat, mais dans la mesure qu’elles se conforment à la vérité divine.  Autrement, on entreprend des activités purement humaines, employant des stratégies humaines, avec un esprit de démonstration et non une « démonstration de l’Esprit », portant ainsi des résultats qui satisfont notre ego.  La connaissance enfle ! (I Cor. 8 :1)  Elle rend orgueilleux (la Bible du Semeur). 

Toute gloire revient à Dieu 

Enfin, si mon argumentaire est apprécié, comme Hébert Lacombe l’a loué, toute gloire revient à Dieu.  Imitant l’apôtre Paul, j’ai cherché simplement dans mes articles à ce que « ma parole ne se repose pas sur des discours persuasifs de la philosophie des hommes, mais sur une démonstration de l’Esprit et de puissance » afin que la foi des lecteurs soit « fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. » (I Cor 2)  Soyons donc des imitateurs de Paul, comme il l’est lui-même de Christ. (I Cor 11 :1)  Je ne prétends pas avoir atteint toujours mon but.  Toutefois, j’encourage les éditeurs du Journal du Monde Évangélique à se conduire de sorte qu’en matière de foi, la croyance des lecteurs et lectrices soit fondée, non sur la sagesse purement humaine, mais sur la puissance de Dieu. « Où est le sage? Où est le scribe? Où est le disputeur de ce siècle? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde?... Le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu » (1 Cor. 1:20-21).  Alors, démontrons la sagesse de Dieu à un monde aliéné, en délire, égaré dans sa propre sagesse. À Dieu soit toute gloire ! La valeur d’une âme est trop précieuse pour que l’on cherche à gagner le prix de l’univers de la connaissance et l’approbation des hommes modernes au détriment des âmes sur la voie de la perdition. (Mat 16 :26)

 La réaction du pasteur Franky Narcisse ou le réflexe de la Chasse aux sorcières : http://www.lemondeevangelique.com/dossiers.131.htm

Réflexions d’un disciple de Jésus du XXIe sur le Da Vinci Code
http://www.lemondeevangelique.com/dossiers.116.htm

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