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LE MONDE ÉVANGÉLIQUE |
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Articles divers
Le Journal Nouveau Rasoir : une lumière pour l’Université en Haïti et une arme contre
le caciquisme universitaire affirme le directeur fondateur Luné Roc Pierre Louis dit Zago
«La plus grande chute est celle du haut de l’innocence.»
(Lucien Lévy-Bruhl)
Une entrevue réalisée par Marie Flore Domond
N’importe quel amateur du cinéma catastrophe déduirait aisément que l’appellation Le Nouveau Rasoir n’a rien d’offensif devant le géant institutionnel auquel les étudiants du niveau universitaire sont étroitement liés.
Imaginons un instant, l’impuissance de la belle Australienne, Naomi Watts (Ann Darrow) en grand plan, entre les mains du terrifiant gorille Kong du légendaire film King Kong. L’indomptable animal se montre hostile à l’environnement moderne. Or, il possède la capacité de remuer ciel et terre pour sa protégée. Un défi monstre a-t-on évoqué à la sortie du long métrage à l’hiver 2005. Soit dit en passant, la première version du même film avait été enregistrée en 1933. Les meneurs du cinéma américain ont le tour de faire une tempête dans un verre d’eau. La créature n’est en fait qu’une espèce de brute sympathique
Abordons à présent, un cas de péril de citoyen bien réel. Ce dernier n’aurait pas un
impact inoffensif sur l’imaginaire, mais plutôt, des conséquences dommageables
sur la population étudiante concernée selon les opposants du projet de réforme en perspective.
Le dossier est complexe. D’une part, les hauts dirigeants du projet de réforme
allèguent que l’inquiétude des occupants de l’établissement est fondée sur des exagérations. Et qu’il s’agit d’un conflit d’interprétation, un débat
axé sur la forme que sur le fond. D’autre part, les étudiants perçoivent de toute évidence, le projet de réforme, comme une menace visant à dégrader leur
statut d’académicien tout en réduisant leur force agissante.
Qu’il soit clair, nous ne comptons pas prêter mains fortes aux étudiants de l’Université d’État d’Haïti dans le dessein de faire un scandale à caractère de partisanerie. Nous voulons contrecarrer la loi du plus fort dans un esprit de justice sociale. Tel est notre objectif principal.
Note Biographique de l’éditeur
La tête dirigeante du Journal indépendant baptisé Le Nouveau Rasoir, se nomme Luné Roc Pierre Louis. Il est détenteur d’une licence en communication sociale à la Faculté des Sciences Humaines de Port-au-Prince. Le jeune diplômé possède également une licence en Français langue étrangère de l’Université Antilles-Guyane, campus de Port-au-Prince. A sa formation académique, s’ajoutent plusieurs autres atouts linguistiques. Car il détient un diplôme en langue Allemande, il parle l’Espagnol et se débrouille en Anglais et en Italien. Le citoyen originaire du Petit-Goâve a pour principaux hobbies le football et la musique. Comme points d’intérêts de réflexions et de recherche spécifique en philosophie, il se préoccupe de la Problématique de l'Éthique, le paradigme de la démocratie et de la société civile surtout à l'aune de Jürgen Habermas et de Hannah Arendt, la théorie critique de l'École de Francfort. En attente d’une prochaine Bourse d’études, il se cherche un poste dans le champ de ses compétences.
Le Journal a vu le
jour le 23
septembre 2004. C’est un outil gratuit, mural diffusé par mode
électronique.
La
reproduction est libre à tous ceux et celles qui y
trouvent de
l’intérêt.
Franck Séguy, lui, licencié en Sociologie l’a rejoint en octobre 2006.
Q. Étant donné que
vous avez
déjà publié une série d’éditoriaux qui s’enchaînent sur la
problématique du
projet de réforme, pouvez-vous nous souligner brièvement les grandes
lignes du
fameux dossier ?
Q.
À la lecture des
répliques, on a l’impression que vous considérez l’éventuelle réforme
comme
étant une dépouille de vos droits acquis. Que redoutez-vous le plus
parmi votre
lot d’appréhensions ?
Quand le Rectorat choisit lui-même d’hypothéquer l’avenir de l’Université que Lavalas n’arrivait pas à vassaliser, toute forme d’interprétation respectant les principes exposés par Umberto Eco ou la théorie de la méthode herméneutique de Habermas peut prendre place.
Q. Pour penser à une réforme,
il doit y avoir des failles dans le système actuel. Ce projet de
réforme est-il
une conséquence d’un correctif que vous avez sollicité. Si tel est le
cas,
êtes-vous en face d’une solution qui semble pire que le problème que
vous
confrontez actuellement?
R. Le système accuse de très
grandes failles. L’UEH
nécessite même plus qu’une réforme; il faudrait y faire une révolution.
Les
étudiants sollicitent continuellement une
réforme de l’UEH mais
malheureusement
ledit projet de loi n’est même pas l’œuvre du Conseil de l’Université
mais
celui du Recteur Paquiot.
Q. La notion du mérite vous
rend très inconfortable toujours selon les arguments avancés dans
l’éditorial.
Êtes-vous conscient que tout privilège se mérite. Qu’est-ce qui vous
fait
craindre que les autorités se servent
probablement de deux poids deux mesures dans le
dossier de la
réforme vous concernant ?
R. Le mérite en question
implique la capacité de
travailler pour réussir son concours d’entrée à l’UEH. La crainte est
que
longtemps il fallait être d’une couleur, être issu d’une famille de
renom ou
avoir la référence de quelqu’un de classe pour accéder à l’UEH. Le
Führer
totalitaire Papa Doc exigeait en plus qu’on adhère à la papadocratie
pour y
accéder. La chute de Baby Doc et les luttes de 1986 l’ont entièrement
affaibli
et cet affaiblissement conduit à l’anéantissement du sponsoring dans
les
facultés telles la FASCH, la FDS, la FLA; mais toutes les FACs se
vantent
d’organiser des concours sérieux à la manière de la FASCH.
Aujourd’hui,
certains secteurs ont des problèmes avec l’UEH parce qu’ils n’ont plus
la
possibilité d’y entrer sous base de favoritisme. Ils se trouvent dans
l’obligation d’ouvrir ou de fréquenter des
« Près-de-chez-nous-universités » ou d’aller grossir Santiago
(République voisine).
Q. Le journal Le Nouveau
Rasoir se tient en vigile contre tout dérapage, acte d’injustice,
incidence du
favoritisme. Mais vous, en tant que communicateur
de formation, comment
comptez-vous vous y prendre pour arriver
ne
serait-ce qu’à une solution médiane de ce conflit ?
R.
Le Nouveau
restera dans la ligne qu'il se
fixe. Il fera
la promotion de l’Université tant en critiquant acerbement les
dirigeants
démagos qu'en dénonçant
le
caciquisme sous toutes ses formes.
Q. Dans le paragraphe qui
suit, votre collègue, Julien Sainvil y va bec et ongles en
déclarant : «C’est dommage que seuls les
étudiants et étudiantes sont
évalués dans le système
d’enseignement haïtien
»
Peut-on présumer à des vices de procédure ou des fautes
professionnelles
fréquents et qu’on étouffe pour une raison ou pour une autre ?
R. La réponse est simple. La plupart des professeurs accusent de profondes lacunes méthodologiques. Mais quand ils font partie des jurys, le jour des soutenances de mémoire, à la FASCH par exemple, ils sont camarades héritiers de Jürgen Habermas, Max Horkheimer, Karl Marx ou Karl Popper.
Le
problème du jeune licencié en sociologie Julien Sainvil concerne
surtout
l’accompagnement des étudiants pour leur mémoire. Il se demande :
Et si
l’on évalue aussi les professeurs ? Et le Nouveau Rasoir
reprend :
Pourquoi on n'évalue pas les
professeurs? Le programme de licence à la FASCH est de
4 ans et les saints étudiants peuvent
le faire en moins de 4 ans ;
Zago
l’a fait en 3½ ans ou 7 sessions. Mais demande-lui après en
combien de temps
a-t-il eu sa licence ? Quelles péripéties a-t-il connues pour
faire son
mémoire ? Qu’est-ce qu’il a dû faire en fin de compte ?... En communication sociale à la FASCH, saint
et sain, tout étudiant a une arithmétique pour réaliser un mémoire. Il
faut un
accompagnateur ! Qui accompagne ?
Q. En
matière d’encadrement et de ressources, les étudiants seraient-ils
livrés à eux
mêmes au sein de l’institution, d’après la déclaration de madame
Michèle Oriol.
« L´éducation
est une activité simplement technique et
l´Université n´a pas la tâche de proposer des modèles de développement».
R. Ils sont
effectivement
livrés à eux-mêmes.
L’encadrement pour mémoire ou à d’autres niveaux intermédiaires est
quasi-inexistant.
Madame
Michèle Oriol est
une
femme qui pense que
l’université est une
grosse école professionnelle qui prolonge l’école classique. C’est
pourquoi
elle échoue en partant à la Faculté des études post-graduées.
Q. On peut présumer qu’une année
académique
dans
un tel
climat de tensions pourrait
s’avérer
compromettante pour les étudiants.
La mise en
exécution de la réforme
proprement dite est prévue pour quand ?
Je vous remercie de m'avoir accordé cet entretien.
1. Curieusement, la réponse de Madame Oriol venait justifier le plan d´études techniciste proposé dans le cadre de la réforme universitaire et mis en question par l´auteur de l´article, qui avait, ce jour-là, démontré et démonté la politicité conservatrice et réactionnaire de ce plan de faculté des sciences sociales.
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