LE MONDE ÉVANGÉLIQUE

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Syto Cavé dramaturge
Auteur de trois pièces de théâtre en créole

Kavalye polka, 1984.
Brakoupe, 1987
Mèt Katye,
1998

A cœur ouvert
L’acteur Ricardo Lefèvre
  Confie les élans de ses multiples personnages
baignant dans les sept péchés capitaux sur grand écran…

 «Vous avez vu juste…trop souvent nous oublions la grosse poutre qui nous empêche de voir, pour faire attention à la petite paille qui se trouve dans l’œil de notre voisin.»

Par Marie Flore Domond

La compagnie de théâtre SYTO CAVÉ, est en visite à Montréal dans le cadre du Mois de la Langue créole. Comme la tradition le veut, Kepkaa se fait un point d’honneur d’accueillir à chaque année une troupe théâtrale venant des Etats-Unis. Rappelons que le dramaturge Syto Cavé est  le père du célèbre chanteur, Alan Cavé.

Ricardo Lefèvre est l’un des acteurs qui campe un personnage dans  la pièce en créole qui s’intitule «MÈT KATYE». Qu’il fasse partie de cette distribution  est une belle occasion de le rencontrer. Il était présent lors de la soirée de poésie et de musique organisée par Société Paroles à Maison d’Haîti le 6 octobre dernier. Nous avons voulu savoir pourquoi il accepte de représenter à travers ses personnages les forces du mal avec tout le risque de ressentiments et de préjugés que cela comporte  aux yeux du grand public?

Q. Monsieur Ricardo, la première représentation de la pièce «Mèt Katye» aura lieu au Collège Ahuntsic. Voulez-vous nous parler du rôle que vous tenez dans cette pièce en résumant l’histoire ?

R. Je joue gwo Doudoune, un personnage qui existe dans la tête des deux personnages en scène, gwo Doudoune est leur mémoire, ils revivent a travers ce personnage leur passe, l`Haïti perdu, qu’ils recherchent. Gwo Doudoune est un personnage du Carnaval d’Haïti (Madigra)

Q. La question classique, est-ce le théâtre qui vous a conduit au cinéma ou vise versa ?

R. Je dirais que c’est le théâtre qui m’a  emmené au cinéma, puisque je fais du théâtre professionnellement depuis au moins 20 ans.

Q. Vos apparitions sur grand écran se prolifèrent. Personnellement, je vous ai vu dans le Miracle de la foi  et Le ballet d’adieu. Dans ce dernier,  vous avez joué un rôle majeur par rapport au premier. Comment expliquez-vous ces participations accrues, cette belle aventure?

R.  Pourtant  chaque tournage est séparé d’un an ou de deux ans. Ce que je sais, c’est une expérience unique chaque fois, je ne saurais l’expliquer, peut être que cela est dû simplement par ma grande capacité d’adaptation.

Q. Tout comme la politique, la religion occupe une place prépondérante dans la vie des citoyens haïtiens. Dans Le Miracle de la  Foi, vous vous êtes mis dans la peau d’un membre d’église, un «fidèle zélé» qui a voulu soutenir une idéologie radicale de la pratique religieuse. Or, ce dernier, a beaucoup de chose à se reprocher sur le plan moral. Le fait d’avoir accepté ce rôle, est-ce pour vous une démarche de dénonciation face à cette attitude de façon générale ?

R. Vous avez vu juste…trop souvent nous oublions la grosse poutre qui nous empêche de voir, pour faire attention à la petite paille qui se trouve dans l’œil de notre voisin.

Q. Pour ce qui est du long métrage Le ballet d’adieu, le public vous découvre sur la facette de la malhonnêteté dévoilée. Alors que vous incarnez le PDG d’une maison de presse peu recommandable. Entre ce personnage vengeur, avare et traître, le rôle de «l’innocent aux mains sales», sournois laquelle de ses deux situations est la plus difficile à exprimer ?

R. Je ne saurais dire vraiment laquelle des deux est la plus difficile, ce sont deux rôles de compositions, il faut étudier à fond la psychologie des personnages, pour pouvoir bien les incarner, il faut ajouter un peu de fantaisie aussi.

Q. Le cinéma haïtien est en  pleine ébullition en matière de développement, pour les acteurs, est-il rentable ?

R. Non, pas encore, car il y a beaucoup d’obstacles encore à franchir, la piraterie par exemple, pour ne citer que cela. Il faudrait aussi que les consommateurs aident les acteurs en achetant uniquement les produits originaux.

Merci monsieur Lefèvre de m'avoir accordé cet entretien.

Tout le plaisir est le pour moi madame Domond

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