LE MONDE ÉVANGÉLIQUE

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Les cent lieux de la création
dans la poésie de Saint-John Kauss

par  Marie Flore Domond

3e partie

Lieux de création

Saint-John Kauss est une étoile scintillante de l’école de la poésie haïtienne contemporaine, une révélation. On le découvre comme un poète penseur. Authentique solitaire, indiscret, omniprésent. Son expressionnisme  joue en faveur de la qualité esthétique de ses œuvres en général. Il donne l’impression d’être à la quête d’un symbolisme intégral. Ceci l’amène à une écriture scindée qui caractérise l’unité du temps de sa curiosité. C’est ainsi qu’il mesure également son unité des lieux à explorer. Sa poésie s’inspire d’un genre académique, privilège d’une immense éducation artistique. Une poésie de référence, exigeante autant pour le créateur que pour l’auditoire. L’écriture  du  poète se montre consciencieuse, éclatée et  agit sur la dimension recto verso de la vie : le réel abstrait et le  pur concret se tissent un lien indivisible.

On ne décèle aucun fantaisisme dans la poésie de Saint-John Kauss. Des mises en scènes impeccables livrées complètement à l’intuition poétique. Saint-John Kauss abhorre soit l’absurdité, le fantasme à haute altitude ou une part grave de la réalité. On dirait qu’il ignore volontairement le sens des raccourcis. Au terme des détails, il nous soumet des teintes raffinées, neuves. L’univers qu’il crée est certes présent et à la fois hors du temps. C’est donc une poésie d’eau de source filtrée, distillée à souhait.  Trop urbain pour être un franc poète de la nature, il en devient un fervent célébrant. Et c’est avec  une exaltation débordante, une douceur cultivée, une tendresse infinie, des mots rares qu’il dépose à l’autel de la félicité. Et ce miel provenant de sa ruche vierge où le ciel en est témoin. Cependant, quand l’heure du festin de l’amère à boire résonne, son cri de détresse retentit avec autant de grâce et de rage que l’on sent alors l’odeur du fiel accumulé.

Au contact des œuvres poétiques de Saint-John Kauss, on est subjugué face à un être captif, d’une énergie qu’il libère cependant, ) de façon fluide, sans entraves; possesseur d’un œil de cyclope,  à l’iris poétique supersonique, de teint ultrasensible et d’un infra-enthousiasme. Son orbite mythique contient la réserve pleine et entière, d’une part, de l’absolue horreur du monde; d’autre part, la clairvoyance de la beauté de l’univers. La poésie de Saint-John Kauss se veut transcendante, résurrectoire, sanctifiante, pulpeuse et voluptueuse tout à la fois; vivifiante, extravagante, imposante et aux sens subtils. Elle est propre à affranchir des ondes  nostalgiques,  des langueurs, de la mélancolie aux «vagues à l’âme» ou de l’allégresse.

Nous vous livrons le contenu intégral d’une lettre datée du 1er  août 1979, adressée à l’auteur par un résident  new-yorkais, en l’occurrence monsieur Reynold Eustache : « Vos poésies me blessent comme un poignard qu’on passe et repasse sur une plaie vivante, comme une épée qu’on entre et rentre dans une blessure grave et profonde.  Dans l’ensemble, je trouve votre poésie cruelle et pense que je resterai longtemps encore bouleversé par certaines images nées de votre lecture. » C’est  dire que personne n’échappe à cette teneur émotive qu’est cette bouffée de sensations à la fois chatouilleuses, nerveuses et fracassantes qui distance Saint-John Kauss de ses pairs et qui caractérise son authenticité.

Saint-John Kauss maîtrise parfaitement l’art de superposer des images soigneuses, multiformes, lisses ou rugueuses projetées sur l’écran de la fertilité et du prestige. Il s’investit dans un langage apprivoisé dégageant un air mobile, jamais fixe. A tout moment, il peut surprendre, désarmer, démobiliser, dérouter le lecteur crédule. Nous vous cédons la réaction mi-émotionnelle d’un lecteur avisé, puisqu’animé d’un sens de discernement et conscient de la capacité, du potentiel et de l’habilité de l’illustre jeune poète.  Fresnel Lindor ( Le Nouvelliste, 6 juin 1979) : « Ces petits chants  qui jaillissent de la gorge humaine sont de véritables voluptés transparents qui nous emmènent en bateau sur une mer démontée d’ennuis, de défoulement simulé et d’espoir forgés au petit matin songeur.» Entre le proche et le lointain, Saint-John Kauss parvient de surcroît à saisir lumineusement un instant d’éternité. Il possède la dextérité d’un orfèvre qui sait entailler la matière du sentiment humain jusqu’à la phase sublime.

On retrouve dans ses poèmes une consonance rimeuse, limpide à la cadence cristalline composée de battements purs et envoûtants. L’inspiration est engendrée d’une telle densité  pouvant paralyser la pensée des prospecteurs  d’un infini écho; ceux-là même qui, pourtant,  succombent en fin de compte sous le charme d’un esthétisme raffiné, délicat et distingué. Au premier degré, le lecteur ne se soucie guère s’il s’agit d’expériences fabriquées ou vécues de l’auteur. Essoufflé  devant cette gigantesque embouchure verbeuse qui ne fait que le  transporter de façon vertigineuse vers l’étrange combinaison sensation-impression jusqu’au délire éventuel de s’exclamer tout haut ou tout bas : « Mais ce poète est béni des dieux… Jouit-il donc de tous les généreux dons  de la fontaine de Jouvence ! » Entre le concret et l’abstrait, Saint-John Kauss façonne l’insolite, l’inusité, invraisemblablement en consumant la totalité, la globalité, voire l’intégralité du champ qu’il explore.

En somme, l’écriture de Saint-John Kauss est omniprésente, tissée  de la mémoire, intimement  liée à ses souvenirs. Les quelques strophes sélectionnées dans LE MANUSCRIT DU DÉGEL (2006), un de ses recueils de poésie les plus denses, donneront un bref aperçu des arguments avancés ci-dessus. Il est composé de huit variations de temps et  variations d’état. Cette conjugaison n’a rien de fortuit.

Lieux de renouvellement

Dans le contexte littéraire, historique et mystique des œuvres poétiques de Saint-John Kauss,  l’idée de la grâce, de la protection,  de la faveur ou de la bénédiction divine ne peut être écartée. Car, être en contact avec son for intérieur peut se révéler un fidèle auxiliaire de la muse, une source  de révélation inépuisable. Nous voilà plongés dans la dimension de l’imagination disciplinée. La plupart des savants savent que leur subconscient garde le souvenir de tout ce qui a existé et que le passé mort peut revivre et redevenir audible, soutient d’ailleurs le docteur Joseph Murphy. Ceci revient à dire que les penseurs appliqués s’assurent l’inspiration comme fidèle compagnon. Le Poète Saint-John Kauss, a-t-il recours à ce moyen prévisible ? Nous  lui avons déjà posé cette question (Domond, Écrivain en résidence, Humanitas, 2004) afin de permettre à ses disciples de mieux le cerner. Découvrez ce qu’il avait à dire à ce sujet :

« (…) Quand on est l’Élu, on est plutôt appelé à progresser.  Q.- A propos de progression, la plupart des gens ont toujours dévalorisé tout ce qui se rapporte à la parapsychologie. Il opinent et abondent au niveau de la sorcellerie, de la magie noire. Que pensez-vous de cela ? – R. – Nous vivons dans un monde à trois dimensions, alors qu’il en existe environ onze. Se séparer des trois premières dimensions pour atteindre la quatrième ou les autres, n’est-ce pas progresser dans des mondes qui sont parallèles au nôtre. Il ne faut pas oublier, comme répétaient les Anciens Occultistes, que la Nature a horreur du vide. Mais ce vide, n’est-il pas rempli par d’autres entités que nous ne connaissons guère. Ignorer cette dimension de l’Esprit, c’est ignorer la naissance des six autres planètes et dénier toute présence relative à ces lieux. Eu égard à ces dimensions précitées, tout est question de fréquence. En changeant de fréquence, on change de dimension. La sorcellerie et la magie noire n’ont pas leur place dans ces phénomènes. »

Il est aisé à présent de réaliser la complexité du personnage et de ses œuvres. Un mince aperçu de ses lectures  à ce niveau permettra d’avoir une large idée de ses auteurs référents en la matière. Citons, à titre d’exemples, Frère Basile Valentin : Les douze clefs de la philosophie, éd. de Minuit, Paris, 1956; Joseph T. Durkin : Alexis Carrel, savant mystique, éd. Fayard, Paris, 1969; R. Kanters & R. Amadou : Anthologie littéraire de l’occultisme, Seghers, Paris, 1975;  Jean-Louis Bernard : Apollonius de Tyane et Jésus, Robert Laffont, Paris, 1977; André Chaleil : Les grands initiés de notre temps, éd. Sélect, Montréal, 1978; Fulcanelli : Le mystère des cathédrales, J.J. Pauvert, Paris, 1983; Jean-Louis Bernard : La science occulte égyptienne, éd. Henri Veyrier,  Paris, 1987; Jean-Claude Filloux : L’inconscient, Coll. «Que sais-je », P.U.F. , Paris, 1988; Éliphas Lévi : Secrets de la magie, Robert Laffont, Paris, 2000. Le principe fondamental commun qui le lie à  ses auteurs, c’est la quête de l’intelligence vivante et du principe vital, l’émancipation de l’entendement,  de la perception de la vérité cachée  afin d’en libérer la puissance miraculeuse.

La confession sur ses auteurs référents nous a été faite lors des douze entretiens du projet de l’ouvrage : ÉCRIVAIN EN RÉSIDENCE (Domond, 2004). Saint-John Kauss nous a également fait part de sa  prédisposition envers l’écriture ainsi que de la pléiade d’écrivains qui l’intéressent. Nous ne nous contenterons pas seulement de les nommer. Nous tenons à  découvrir quelles sont les valeurs ou points d’intérêts qui accrochent le poète. Au volet de la littérature haïtienne, il en compte approximativement huit. Il s’agit  d’Oswald Durand,  d’Etzer Vilaire, de Jean Brierre,  de René Depestre, de Magloire Saint-Aude, d’Anthony Phelps, de René Philoctète et de Frankétienne.

Dans le contexte d’une étude comparative entre Saint-John Kauss et ces huit figures dominantes de la littérature haïtienne, l’idée de correspondance, d’affiliation ou de trans-inspiration ne peut être ignorée :

Oswald Durand (Rires et Pleurs, 1896) était, à sa façon, un amant de la nature. Celle-ci représentait un cadre où il pouvait épanouir ses folies et sa passion. Car de nature frivole, charnelle, Durand, «  qui chante les plaisirs les moins innocents », était par contre un humaniste dans l’âme. Pour sûr, Saint-John Kauss n’a pas hérité de son sens très prononcé de la métaphore qu’Oswald Durand ne possède guère.

Face à Etzer Vilaire (Poésies Complètes, 1914-1919),  c’est  l’esprit du défi, de la polyvalence, de la recherche qui les unit. Leurs expériences douloureuses les accompagnent dans l’expression de leur compassion philosophique.

Quant à Jean François Brierre (Black soul, 1947; La nuit, 1955), le chant du nègre, l’appel aux ancêtres, le souffle de la grande poésie, sont autant de raisons qui forment la force agissante et expéditive de sa tendance poétique, et que l’on retrouve avec joie chez Saint-John Kauss.

Avec René Depestre (Gerbe de sang, 1946; Poète à Cuba, 1976), le chant de l’exilé, la fuite dans la voix indiscrète, le pouvoir des mots de la Révolution, sont les paramètres à aborder pour atteindre le lieu de la comparaison entre ces deux auteurs.

On confond souvent Magloire Saint-Aude (Dialogue de mes lampes, 1941) avec la poésie du silence, la privation et l’elliptique dans les mots, le bref et le raccourci dans son langage d’esthète. Des fois, cette même qualité poétique fait surface chez Saint-John Kauss pour, ensuite, donner libre cours à la grandiloquence, à la densité ou à la précipitation des mots.

Plus près d’Anthony Phelps (Mon pays que voici, 1968) et de René Philoctète (Ces îles qui marchent, 1969), l’exil dans la migrance du cœur, l’espérance dans le souvenir de la terre d’Haïti, le multiple dans la totalité des mots neufs, l’inscription commune d’une même empreinte à la nostalgie et à la mélancolie de leur sentiment d’appartenance, sont autant de correspondances qui lient Saint-John Kauss à ses deux aînés.

Et sans Frankétienne, l’hyperréalisme n’existerait pas dans la littérature haïtienne (Ultravocal, 1972). Mais Franck Étienne, dans ses débuts, évoquait plutôt une poésie du Parnasse. Ces deux volets de l’Oeuvre rencontrent l’idée  de la surpluréalité chez Kauss.

Nombreux sont aussi les  liens d’affinité qui unissent le poète Saint-John Kauss à la littérature universelle. Ce n’est pas sans raison que, déjà à ses  débuts, avec Chants d’homme pour les nuits d’ombre (1979), Harry Duvalsaint, jeune critique influent de l’époque, opinait ainsi à son sujet : «  La poésie de Saint-John Kauss est à la Jeune poésie haïtienne ce que Mallarmé a été à la Jeune poésie française. » (Inter Jeunes, vol. 2, no. 4).  Autre que le langage qui rapproche les deux créateurs (Mallarmé / Kauss), il y a l’élan de la transcendance poétique, la présence d’une certaine conscience et l’idée de la réalité secrète. Tous ces aspects se retrouvent au service de leur poésie respective.

Au sillage de ces pistes de recherches comparatives, certains points d’intérêts sont à noter.  Une fouille minutieuse de la revue  POÉSIE 1 révèle dix poètes de la nature. Or nous avions argumenté plus haut que le poète étudié et impliqué, Saint-John Kauss, favorise une dialectique beaucoup trop urbaine pour être compté parmi les poètes de la nature. Bien que le raisonnement demeure valable, il nous arrive de dévier quelque peu cette affirmation  à la lumière des nouveaux éléments convaincants avancés par d’autres auteurs. André Miguel, dans la présentation de POÉSIE 1 (Dix poètes de l’œil sauvage), témoigne :

« Chacun des dix poètes que nous avons réunis en ce volume exerce un regard qui a une  prédilection pour les formes de la nature aérienne, végétale, minérale, animale. Il aime saisir les contrastes du ciel et de la terre, les mille détails d’un paysage ou d’un objet.

La nature a le  privilège d’être à la fois origine et présence, réservoir immense de symboles et de mythes et espace toujours renouvelé de configurations, de galbes, de matières, de couleurs et de  leurs rapports toujours à découvrir. La nature terrestre est par essence le foisonnement de l’infini, du multiple, du perpétuel. Elle est l’imprévu, le fascinant, l’harmonieux et le monstrueux, le serein et le dionysiaque, la douceur et l’horreur, la simplicité plastique et le grouillement prodigieux, la naissance de la vie et le vertige de la mort.

Ces oppositions tranchées, ces contradictions terribles de la nature, nous les retrouvons en ces dix poètes qui nous montrent tantôt la fraîcheur, l’innocence, la grâce formelle, la communion transparente, et tantôt la cruauté agressive ou le tumulte élémentaire.»

(Extraits de BIENFAITS DE LA CHOSE ÉCRITE,

étude critique sur l’œuvre poétique de Saint-John Kauss, à paraître)

Références bibliographiques

DAMOUR Alix et KAUSS Saint-John: Pour une nouvelle littérature : Le manifeste  du  surpluréalisme, in Brèves Littéraires, Laval (Québec), hiver 1992 ; in Les Saisons Littéraires, Montréal, no. 2, printemps 1995 ; in Haïti en Marche, Miami, vol. IX, no. 19, 21  juin 1995 ; in Présence, Montréal, vol. 1, no. 4,  septembre  1997; Pour une nouvelle littérature : Le manifeste du surpluréalisme (2e partie), in Présence, Montréal, vol. 2, no. 10, mars 1998; Pour une nouvelle littérature : Le manifeste du surpluréalisme (3e partie), in Présence des Îles, Montréal, vol. A, 102, 29 avril - 5 mai 1998; Pour une nouvelle littérature : Le manifeste du surpluréalisme (texte intégral), in Le Matin, Port-au-Prince, 1987 (sic); in Présence, Montréal, vol. V, no. 2015, décembre 2001, pp. 4-7.

KAUSS Saint-John et DAMOUR Alix: Questions littéraires: Le surpluréalisme (premier manifeste), in Le Petit Samedi Soir, Port-au-Prince, no. 332, 1980 ; in Écriture  Française dans le monde, Sherbrooke (Québec), vol 3, no. 1, 1981 ; in  Prestige, Montréal, vol. 1, no. 1, janvier-février  1994.

KAUSS Saint-John: Portrait du surpluréalisme, in Le Nouveau Monde, Port-au-Prince, 22 octobre 1985; Hors du soleil, la débauche identitaire - près du   tunnel, l’épopée du poème, in Libération, Port-au-Prince, no. 31, mars 1989; A propos du surréalisme et du surpluréalisme, deux mouvements d’humanité, in Symposium André Breton, New York, 29 mars 1996; Les avatars de la poésie moderne, in Espaces de la parole, Drummondville (Québec), vol. 2, no. 4, octobre-novembre-décembre 1996; L’invasion surréaliste en Haïti, in Haïti en Marche, Miami, vol. X, no. 6, 20 mars 1996; in Le lien, Montréal, vol. 6, no. 2, avril 1997; L’écriture est un désir, in Espaces de la parole,  Drummondville  (Québec), vol. 3, no. 2, avril- mai-juin 1997;   Multiplicité de l’artiste, in Haïti en Marche, Miami, vol. X, no. 30, 4 septembre 1996; in Espaces de la parole, Drummondville, vol. IV,  no. 2, été 1998; Le spiralisme de Frankétienne, in Présence, Montréal, vol. IV, no. 2002, décembre 2000.

KAUSS Saint-John : Chants d’homme pour les nuits d’ombre, éd. Choucoune, Port-au-Prince, 1979; Autopsie du jour, Choucoune, Port-au-Prince, 1979; Pages fragiles, éd. Humanitas-Nouvelle Optique, Montréal, 1991; Testamentaire, Humanitas-Nouvelle Optique, Montréal, 1993; Territoires, Humanitas, Montréal, 1995; Territoire de l’enfance, Humanitas, 1996; Le livre d’Orphée, éd. Présence, Montréal, 1998; Paroles d’homme libre, Humanitas, Montréal, 2005; Le manuscrit du dégel, Humanitas, 2006.

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