LE MONDE ÉVANGÉLIQUE

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Des films  de répertoire plein la vue
au Festival  "Vues d’Afrique"

Marie Flore Domond

J’ai fait mon baptême de feu du Festival Vues D’Afrique, édition 2006, dans la flamme consumante d’un film qui relate  le culte des Ancêtres. Ce film nous laisse émerveillés devant une région de Madagascar où les défunts dominent la vie des habitants qui se vouent au rituel du sacré. D’ailleurs, l’Esprit nous révèle  de vive voix «qu’il n’y a pas un métier plus difficile que celui de protecteur.» Et, pour nourrir la Force Protectrice, il faut que la Tradition Éternelle demeure, n’est-ce pas? Exaspéré par le comportement de la nouvelle génération qui renie tout au moins leur origine en faveur d’un raisonnement français, c’est à coups de caméras que le réalisateur Sénégalais  prend position en concevant et en écrivant le scénario de son film en langue entièrement malgache.

À souhait, le documentaire à piqué ma curiosité de sorte qu’à la fin de la projection, j’ai criblé le réalisateur d’origine sénégalaise, monsieur Hery A Rosalo, de questions sur les motifs de son initiative. Il s’est montré vraiment large dans ses commentaires en expliquant à l’assistance que c’est d’abord  à cause d’un constat de transgression qui, selon lui, a engendré un agacement culturel personnel qu’il est parvenu à la réalisation du film TANKAFATRA.

Un outil de sensibilisation

Il était forcé d’admettre qu’un créateur  du monde cinématographique ne se contente pas seulement de proposer un point de vue ou une autre facette d’une situation sans prendre position. Car le fait même d’orienter, de sillonner  une trajectoire différente constitue une prise de position. Face à cette concession vis-à-vis de ses argumentations, le public a pu découvrir qu’il est du genre «Pro- tradition».

Le fond de l’histoire

Pour ainsi dire, la pratique ancestrale est décrite en trois temps : la reconnaissance de la tradition, les préparatifs et les différentes étapes du rituel collectif à partir de la description du cas particulier d’une famille. A bien y penser, la reconstitution de l’événement sacré, perçue d’ailleurs, comme un avènement par les gens de la commune malagasyiènne (habitants de la malagasy, Madagascar) n’est pas si éloignée du précepte chrétien qui reconnaît  l’existence d’un Créateur entouré de toutes les créatures qui forment une entité globale de l’Univers. Le concept des RELIGIONS prend tout son sens dans le cheminement du  documentaire.

 Vers le milieu du cérémonial sacré qui prenait l’expression d’un art de vivre ni plus, ni moins malsain ou pieux que la tradition d’un autre peuple, je me suis penchée pour chuchoter à l’oreille de mon accompagnateur, cet avis : « Pourquoi faut-il que pour l’haïtien la même sorte de dévotion soit victime d’une police morale et taxée comme diabolique ? Il n’a pas daigné réagir, sans doute qu’il était assailli d’une prise de conscience silencieuse… Ma question demeure encore sans réponse. Mais je reste ouverte aux coutumes, mœurs, folklores des autres pays en espérant trouver une issue aux nombreux questionnements que je formule simplement et dont les réponses me semblent très complexes.

 A mon avis, le réalisateur a appliqué un des éléments fondamentaux qui avaient été initiés par Flaubert, auteur et père conceptuel du nouveau roman, qui consiste à animer tous les êtres, toutes les espèces du monde visible et invisible. Il a donc donné la parole à un narrateur qui incarne l’esprit qui est présent parmi les siens grâce à l’omniprésence du Tout Puissant Créateur, des Forces indissociables selon la croyance des habitants de la malagasy.

Les échanges entre l’auteur des œuvres cinématographiques et le public : un billet qui conduit à la confession

Le maintien de l’atelier de dialogues entre les artisans et les spectateurs est la démarche la plus souhaitable, car il facilite une meilleure compréhension des œuvres. Bien souvent, l’incapacité ou la mésinterprétation des actions de l’autre crée des préjugés.

 Personnellement, je suis interpellée par ces titres : FEMMES SACRÉES DE PAIX, de Blandine Flipo, France, documentaire réalisé en 2005,  DÉRACINÉS, Bernard Ibouth, Île de la Réunion, documentaire produit en 2005,  LA MÉOIRE DU CONGO EN PÉRIL et LE CONGO : QUEL CINÉMA, Guy Bomanyama-Zandu, documentaire du R.D. du Congo, PLUIE D’ESPOIR, de Jacques Roc, Haïti, 2005 créole et français, CASTING POUR UN MARIAGE, Farès Naanaa, un produit de la Tunisie, 2005,  LA NUIT DE LA VÉRITÉ, Fanta Régina Nacro, Burkina Faso, fiction réalisé en 2005.

 Parmi les points de ralliement des habitués de l’événement, on compte le cinéma Beaubien, le cinéma Impérial, la Grande Bibliothèque Nationale du Québec, et le cinéma de l’ONF.

 Allez les amateurs ! Ouvrez grand vos yeux, tendez l’oreille, soyez attentifs et bon cinéma de répertoire.

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