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Articles divers

Parfum de chêne
souffle au
Festival de films sur les droits
de la personne à
Montréal
et trace l’exemple d’un couple
héroïque
Marie Flore Domond
«Les plus belles choses ont les pires destins»
La projection n’était pas encore débutée que l’assistance criait «chapeau, chapeau !» Cela ne pouvait pas être la manifestation d’un quelconque compliment. Elle s’adressait en fait au directeur général de l’événement, monsieur Frantz Voltaire qui venait de monter sur l’estrade, mais coiffé d’un chapeau bien enfoncé sur la tête comme le légendaire acteur, Alfred Bogart.
Il faut croire que le public n’entendait pas jouer au secret polichinelle. L’homme bien connu, s’était tout à coup transformé en mystérieux personnage. Trêve de plaisanterie. Je voulais simplement vous décrire brièvement une petite ambiance d’amusement de la première canadienne du film PARFUM DE CHÊNE du réalisateur Cubain : Rigoberto Lòpes Pego. Il serait pratiquement indécent de se laisser aller trop longtemps sur une problématique aussi grave que la lutte pour les droits et libertés de la personne engendrée par le racisme. De plus, la portée dramatique du long métrage de 123 minutes est à faire dresser les cheveux sur la tête. Il est tout de même étonnant d’apprendre que le répertoire des films à caractère raciste soit si mince que les organisateurs étaient contraints d’élargir la thématique jusqu’au droit de l’homme. Dommage que l’œuvre de Robert Morin, le Nèg ne figure pas dans la programmation. Ce serait une bonne occasion de revoir et réfléchir ensemble sur les messages codés de ce long métrage.
Franchir le domaine des mal-aimés
Le parrain de l’événement, monsieur André Paradis, a fait savoir que le but du festival est de stimuler la volonté d’agir pour le respect de la différence, car il croit au pouvoir du cinéma. L’invité d’honneur n’y est pas allé de main molle en déclarant que son œuvre témoigne de l’intolérance politique, raciale et de bien d’autres plaies qui sont remuées chez beaucoup d’individus à travers le monde. Madame Monique Lortie a surtout dévoilé le plan de la programmation qui offre la possibilité au grand public de visionner exclusivement au cinéma Beaubien 46 films, provenant de 13 pays, en trois jours. Le directeur, Frantz Voltaire, quant à lui, a amorcé l’ouverture en disant que c’est une fiction sur l’identité à Cuba qui se déroule sur une musique magistrale de Ricardo Istuela. Effectivement, cette œuvre est esthétiquement bien réussie. On sent une émergence de lumière dans un univers pourtant très ténébreux. Malgré la force des événements, disons carrément des tragédies, les personnages principaux ne négocient guère leur grandeur d’âme, leur sens de la noblesse. Ils sont dotés d’une constitution mentale solide, mais sensible. Je m’en voudrais de ne pas signaler que le manuscrit et les images qui ont servi à la réalisation du film sont selon moi des êtres vivants à part entière. Pour ce qui est des messages, on pourrait constituer une encyclopédie des thèmes racistes à partir de l’œuvre.
Tout comme le réalisateur Kevin Connor, Rigoberto Lòpes Pego sait contrôler le grand espace dans son objectif. On se souvient de la performance de la télé série : LE NORD ET LE SUD campée par Patrick Swayze dans les années 90. PARFUM DE CHÊNE est un autre exemple remarquable du pouvoir de l’image. C’est dans les ruines du domaine appartenant jadis aux deux protagonistes que commence le film. C’est sur cette même image, empreinte de courage pour leur identité respective que les deux personnages de nationalité Haïtienne et Allemande, Ursula Lambert (Bertha Hesse) et Cornelio Souchay (Jorge Perugorria), ont bravé l’enfer des préjugés, de la discrimination, en un mot du racisme pur, dur et sans merci. Pour Ursula Lambert, elle et les divinités ancestrales ne font qu’un. Femme d’instinct prononcé, au cour d’un procès bafoué, elle a déclaré devant l’assistance que l’on peut disposer de son enveloppe corporelle, mais son esprit lui appartient, qu’elle est l’incarnation vivante de la déesse Erzulie. On peut conclure qu’elle s’est faite «messagère des dieux».
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