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RÉGINALD LUBIN : UN OMNIPRATICIEN
HABITÉ D’UN GÉNIE CRÉATEUR

Marie Flore Domond

Paris entière, ville lumière ne suffirait guère, accordez-moi bougies, chandelles  et encens en grand renfort pour un TE-DEUM en l’honneur de l’acteur et réalisateur M. Reginald Lubin. Ce dernier n’est-il pas un être béni de Dieu ! Nous en avons plein les bras des malheurs et catastrophes qui crèvent les yeux quotidiennement et qui sont perpétrés par des personnages au cœur de pierre, parfois sans cœur ou carrément des bourreaux du cœur. Tandis que lui, il parvient à  nous faire souvent porter la main sur le cœur par son irrésistible humanisme. S’il n’est pas un descendant direct de Cupidon, il a forcément une ascendance cupidonesque. Car cette proximité de sensibilité reflète dans ses œuvres comme une barque de promesse déposée sur le fleuve du Nil.

UNE ÉCRITURE DE PRÉVENTION

Le film : POU KI SE MWEN est selon moi, l’une de ses œuvres majeures. Un scénario qui a de l’entrain où les dialogues sont naturels et les personnages spontanés. Le sujet quant à lui, est grave. Le réalisateur traite le thème d’un des fléaux les plus dévastateurs que l’humanité ait connu. Un mal jusqu’ici inconnu, une source de douleur infinie, le talon d’Achille du monde scientifique : LE SIDA. Non,  dans Pou ki se mwen, le réalisateur n’entreprend pas réellement une cure clinique du mal à vivre mais amorce une sensibilisation troublante auprès d’une audience  de tout âge qui exerce un comportement sexuel à haut risque. Bref, chacune de ses réalisations est une proposition à la tendresse et la réunification du sentiment d’amour. LA PEUR D’AIMER est une charmante histoire d’une jeune fille hantée par le passé de sa mère qui est appelée à abandonner ses craintes  (et de) pour s’ouvrir aux autres. D’ailleurs, une suite de cette aventure serait de mise.

Dans VIP, son plus récent long métrage, il combine le harcèlement au travail et  le prototype de la tendance moderne des femmes dites superwomen  d’où l’enjeu possible de l’éclatement d’une famille. En un mot, Reginald Lubin sait dénicher, voire flairer les dangers tout en gardant le nid d’amour de ses aventures bien solide. Souhaitons une longue et fructueuse collaboration entre le réalisateur et la scénariste Sophia Désir qui s’est révélée également une excellente comédienne.

LA STANDARDISATION  ASPIRÉE DE LA LANGUE CRÉOLE

On peut bien comprendre la démonstration et l’affirmation de ce produit  réalisé 100 %  en créole. Comme l’avait souligné le professeur Albert Vadman,  titulaire à l’Université Indiana et Vice Président du comité International des Études Créoles (Université Indiana, Indiana, É.-U.) lors de sa conférence le samedi 5 octobre 2002 à l’Université de Montréal «Désormais, la langue créole remplit la gamme complète des fonctions langagières sur le plan identitaire, communicatif, cognitif, référentiel et comme véhicule pédagogique, et langue objet. Pour ce qui est de l’attitude envers la langue : il a indiqué que cette langue est l’essence de notre culture… Tout compte fait, le créole est une langue pleinement constituée : une langue normale. Donc, (kreyòl pale, kreyòl konpran). Il faut notamment se rappeler que la réforme constitutionnelle de 1987 a ratifié la langue créole co-officielle. Sèl lang ki simante tout Ayisyen nèt ansanm, se kreyòl ak Franse se lang ofisyèl Repiblik Ayiti.»

LA SOIF D’IDÉAL DE CAUSE À EFFET

Certains créateurs se penchent sur l’amour Héros  genre aphrodisiaque en l’occurrence Reynald Delerme lequel dégage un sentiment d’épicurien  attirant une foule sentimentale et populaire. Alors que Lubin a plutôt une attitude agapienne où les personnages évoluent dans un milieu bourgeois, élitiste aux allures mondaines.

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