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LE MONDE ÉVANGÉLIQUE |
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Qui va remplacer Préval ?
Jean Erich René
« L’homme est né libre et partout il est dans les fers » s’écriait Jean
Jacques Rousseau, ce philosophe politique du 18e siècle. En effet, théoriquement
nous avons tous les mêmes Droits. En principe, nous devrions tous jouir des
mêmes libertés. Pourtant il nous est donné de constater en Haïti que la
domination d’un clan politique et la manipulation des bulletins de vote
permettent de zombifier les 4/5 de notre population. Au chapitre des droits
fondamentaux, plus précisément à l’article 22 de la Constitution de 1987, l’Etat
reconnaît le droit de tout citoyen à :
- un logement décent,
- l'éducation,
- l'alimentation
- la sécurité sociale
Le Président de la République et ses Ministres ne sont pas au-dessus de la Loi.
Ils ne peuvent prendre aucune mesure qui porte atteinte à la liberté de la
personne humaine. Faire une descente des lieux, arrosée de coups de bâton, dans
une station de Radio est un acte répréhensible et un accroc aux articles 28 et
28.1 de la Constitution de 1987 sur la liberté d’expression:
Article 28: Tout Haïtien ou toute
Haïtienne a le droit d'exprimer librement ses opinions, en toute matière par la
voie qu'il choisit.
Article 28.1: Le journaliste exerce librement sa profession dans le cadre de la
loi. Cet exercice ne peut être soumis à aucune autorisation, ni censure sauf en
cas de guerre.
Nos dirigeants ont pris la mauvaise habitude de violer les lois de la République
afin de dompter le pouvoir à leur profit personnel. Malheureusement à l’échelle
nationale le système juridique est boiteux et souvent trafiqué. Des bévues et
des atrocités commises par les agents de la PNH, sous l’ordre de leurs chefs
hiérarchiques, handicapent le fonctionnement de l’Appareil de l’Etat. Les excès
du Troisième Reich de l’Allemagne Nazie ont soulevé de percutantes
protestations. 80 années après, les coupables furent capturés, condamnés et
jetés en prison. Les peines encourues sont de nature à dissuader d’éventuels
sicaires à poser des actes barbares pour satisfaire l’instinct carnassier de
leur Gouvernement.
Chez nous, il est curieux de constater que les criminels sont adulés par les
tenants du Pouvoir. Ils sont les commanditaires de leurs basses oeuvres. Aussi
furent-ils invités au Palais national par un premier Ministre pour recevoir
leurs étrennes. Autant dire que les crimes sont le plus souvent autorisés. D’où
cette impunité flagrante et par ricochet l’accélération quasi irréversible de
l’insécurité. Dans cette foulée nous avons enregistré la série noire d’un Amaral
Duclona récemment appréhendé à Santo Domingo et livré à la Justice Française qui
dès lors tient la dragée haute au Président d’Haïti. Dans le Monde d’aujourd’hui
les crimes et les détournements de fonds perpétrés par nos Chefs d’Etat
constipés sont retracés avec précision. Le secret des numéros des comptes
bancaires de la Suisse vient de subir un coup terrible. Le Droit International
est strict et n’épargne personne. A la fin du bal surgissent les déplaisirs du
bal.
Le Droit International Coutumier lie toutes les nations du Monde grâce au PACTE
INTERNATIONAL relatif aux DROITS CIVILS ET POLITIQUES signés par Haïti en 1976.
Il en est de même du PACTE DES DROITS ECONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS paraphés
la même année en conformité avec le contenu de la DECLARATION UNIVERSELLE de
1948. Le séisme du 12 Janvier 2010 interpelle la solidarité internationale.
Haïti a reçu l’aide tant matérielle, financière que morale de toutes les Nations
sans distinction d’idéologie politique ni de cultes religieux. Cependant l’aide
internationale ne peut pas être permanente. Une fois passés les premiers moments
de stupeur, le Gouvernement devrait déployer sa stratégie pour redresser la
Barque Nationale.
12 Janvier 2010-12 Mars 2010, cela fait deux mois bien comptés, le Gouvernement
n’a pipé aucun mot qui laisse entrevoir une lueur d’espoir pour les victimes. Au
contraire à Montréal, le PM Max Bellerive a fait usage d’une sémantique qui
trahit complètement son désintéressement de la problématique nationale. En plein
sinistre il invite les Québécois à partager le gâteau de la reconstruction
d’Haïti. Il va jusqu’à insinuer que les sans-abri passeront encore des années
sous leurs tentes. Avec une telle équipe au pouvoir la solution n’est pas pour
demain. Il revient au Président américain Barack Obama d’interpeller le PETIT
BON ANGE du Président Préval sur le danger potentiel qui guette les sans-abri
dans l’immédiateté de la saison pluvieuse. Des épidémies de tout azimut se
profilent à l’horizon: paludisme, rougeole, fièvre dengue, diphtérie, filariose
lymphatique etc. sont inscrits au menu.
Il est un fait certain que le Gouvernement de Préval a failli à sa tâche de
relever le défi du Tremblement de Terre du 12 Janvier 2010, malgré l’aide
internationale empressée et massive. Dans une circonstance aussi aggravante,
l’Etat ne peut pas chômer ni s’en remettre aux Nations amies. Selon les lunettes
de l’enfant terrible de Marmelade, l’organisation des élections serait la clé de
la solution. Cette évocation permettrait à Préval, obsédé par l’idée de son
jugement après son départ, de remettre les clés du Palais national, à l’instar
de Jean Bertrand Aristide, à un locataire qui lui éviterait les tracasseries
d’une Cour de Justice sur certains aspects ténébreux de sa gestion. D’ailleurs
un journaliste américain n’a pas hésité à lui lancer les premiers signaux en
plein visage. Le moteur de la machine gouvernementale s’est définitivement
enrayée. Ses roues s’enlisent de plus en plus et accusent une inertie
inacceptable en cette période post sismique. Avant même la rencontre du 31 mars
prochain le procès verbal d’incompétence du gang au pouvoir est déjà dressé. Le
Peuple ne pourra pas nager pour sortir, selon les voeux du 55e Président
d’Haïti. La corruption fut la note dominante de la rencontre de Préval avec l'Etablishment
américain. Un Gouvernement Provisoire serait la formule privilégiée par
Washington. De toute urgence il faut une solution de rechange. Qui va remplacer
Préval ?