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LE MONDE ÉVANGÉLIQUE |
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ÉDITORIAL
Où s’en va
Haïti ?
L’élection de René Préval à la présidence du pays pour les cinq prochaines années avait fait renaître l’espoir tant pour les Haïtiens à l’intérieur que pour ceux qui forment la diaspora. Les uns comme les autres espéraient des jours meilleurs pour ce coin de terre qui a tant souffert.
Les premiers pas du président laissaient présager que, pour une fois, le pays semblait être dans de bonnes mains. La tournée que René Préval a effectuée dans certaines capitales (Ottawa, Paris, Washington) et dans certains pays latino-américains insufflait une nouvelle dynamique à la politique haïtienne. Les discours apaisants, l’ouverture faite à l’opposition dans la formation du gouvernement étaient autant de signes qui permettaient de croire que cette fois-ci, enfin, c’était la bonne. On entendait parler de projets pour attirer des touristes, d’investissements d’hommes d’affaires haïtiens pour acquérir un hôtel à Jacmel, bref tout semblait aller dans le sens des espoirs fondés sur cette nouvelle administration.
Or, voilà que depuis quelques temps, comme pour annoncer la fin de la trêve, des bandits de grand chemin ont repris du service. Des gangs armés ont intensifié leurs opérations dans la capitale et, selon ce que rapporte Radio Métropole, dans la seule journée de vendredi (21 juillet) au moins six personnes ont été abattues et un nombre indéterminé blessées par balle à Port-au-Prince par les bandits qui menacent de déstabiliser l'ordre public à la capitale haïtienne.
C’est sans compter les nombreux cas de kidnapping de missionnaires étrangers et de citoyens haïtiens. Selon des sources onusiennes, rapportées par Radio Métropole, 29 personnes ont été enlevées à Port-au-Prince depuis le début du mois de juillet dont un nombre important de ressortissants américains. À cela, il faut ajouter des manifestations de plusieurs milliers de partisans du président déchu haïtien Jean-Bertrand Aristide qui ont investi la zone du Palais national, réclamant le retour au pays de leur leader, la libération de tous les prisonniers politiques et la réintégration d’un grand nombre d’entre eux dans des postes de l’administration publique.
Cette lueur d’espoir que tous souhaitaient voir se rallumer, s’éteint petit à petit et le pays ressemble, à nouveau, à un bateau perdu en pleine mer, sans capitaine à la barre. À part quelques timides déclarations du premier ministre Jacques-Édouard Alexis, rien n’est fait dans le concret pour mettre, hors d’état de nuire, ces bandits qui terrorisent la population et handicapent le développement de ce pays.
Même s’il est coutume d’accorder 100 jours de grâce à un nouveau gouvernement avant de juger de ses actions ou inactions, la dégradation constante de la situation du pays et l’inaction du gouvernement autorisent tout au moins qu’on tire la sonnette d’alarme.
Le confort douillet du fauteuil présidentiel ne doit pas faire oublier à René Préval la misère et le dénuement dans lesquels vit la très grande majorité du peuple haïtien. Tous les espoirs étaient permis avec l’arrivée de ce nouveau gouvernement. Serons-nous encore déçus et vivrons-nous encore les mêmes déceptions ?
Espérons tous que ce ne sera pas le cas, car s’il devait en être ainsi, l’étranger finira par se convaincre que la seule chose que nous méritons est que nous soyons placés sous tutelle, étant incapables de nous gouverner.
Que Dieu protège Haïti !
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