LE MONDE ÉVANGÉLIQUE
une fenêtre ouverte
sur la communauté évangélique

ÉDITORIAL

La conférence-débat d’idées de cette fin de semaine (samedi 8 septembre) est-elle utile?
Raymond Lacombe

Je conversais avec un pasteur qui me disait qu’il n’était pas favorable à une confrontation d’idées avec Jean Fils Aimé, mais que Hébert l’a convaincu du bien fondé de ce débat. En l’écoutant, j’ai pensé à ce texte que m’a envoyé, pour publication dans le journal, un frère dont le titre était : "S’engager dans la bataille pour la vérité, pas le rôle du pasteur seulement". J’en conviens, mais n’est-ce pas l’une des principales tâches du pasteur de défendre la vérité?

Ce pasteur ne m’a pas expliqué pourquoi il n’était pas favorable à un débat avec Fils Aimé, mais point n’est besoin de chercher bien loin pour comprendre pourquoi. Dans un prochain texte, j’élaborerai davantage là-dessus.

Après le lancement réussi de son livre, Jean Fils Aimé a eu plusieurs occasions d’étaler ses arguments. Même si ce frère est apprécié pour son intelligence, sa verve, il faut reconnaître toutefois que la publication de son livre a causé tout un émoi (le mot est faible) dans la communauté évangélique haïtienne d’ici et par delà les mers. D’ailleurs, plusieurs frères des Etats-Unis ont réagi en nous envoyant des textes dans lesquels ils ont dénoncé l’incompatibilité du protestantisme avec le vodou ou le fait qu’un autre Démas apparaisse au sein de l’église. Cependant, de Montréal où l'on compte plus d’une centaine de pasteurs dont certains portent fièrement le titre de docteur, aucune déclaration publique, aucune prise de position de la part de ces leaders, certains se contentant de dire qu’il faut éviter des discussions oiseuses.

Il a fallu que des laïcs, regroupés autour de trois organismes (deux émissions évangéliques : Écho évangélique et la Source, et le journal le Monde Évangélique) décident d’organiser une conférence-débat d'idées entre Osner Févry et Jean Fils Aimé pour que certains pasteurs se mobilisent. Leur argument était : Pourquoi faire venir quelqu’un de l’extérieur quand il y a des pasteurs sur place qui peuvent répondre à notre frère. Ils ont choisi de faire bande à part (je reviendrai là-dessus dans le prochain texte) en organisant une conférence-réponse en l’absence du principal intéressé.

Pourquoi cette conférence-débat  d’idées est-elle utile?

Autant dans son livre que lors de son lancement, Jean Fils Aimé a fait un certain nombre de déclarations qui ont ébranlé, et je dirais même, froissé beaucoup de chrétiens. La réplique pour faire triompher la vérité ne peut pas se faire en aparté. Seule une confrontation d’idées peut permettre de rétablir la primauté de l’évangile de Jésus-Christ sur les autres doctrines ou du Christianisme sur le Vodou.

Ceux qui ont choisi une conférence-réponse l’ont fait parce qu’il n’y avait aucun pasteur qui était disposé à s’engager dans la voie d’un débat qui, tout compte fait, serait périlleuse pour lui. Il ne restait alors que celle de la facilité que l’on pourrait traduire en créole : « Palé dèyè do’li.

Nous avons choisi d'organiser une conférence-débat d'idées qui offrira l’occasion à l’un comme à l’autre conférencier de confronter leurs arguments afin que la lumière se fasse.  Car, selon le vieux dicton : « Du choc des idées, jaillit la lumière »

À suivre : La communauté évangélique haïtienne est-elle divisée?    

Faites-nous part de vos commentaires!         Page précédente