|
|
DOSSIERS
De la CIVILISATION à l'ALIÉNATION...!!!
Par Jean Alexis PLACIUS*
Vous êtes nombreux à penser que la traite et la colonisation ont eu pour heureuse issue, l’introduction des rudiments de la civilisation en Afrique noire. Certains ont pensé que les Européens qui débarquèrent sur le continent africain, ne rencontrèrent que des sauvages sanguinaires. En fait, tout a été entrepris, au mépris de la vérité historique, pour que vous ayez cette opinion. Ainsi, si on tient compte des manuels et des documentaires diffusés en occident, les peuples africains n’auraient eu, à travers les âges, que la hutte pour modèle d’habitation. Il s’agit pour les tenants de cette idéologie, de ternir l’image des personnes d’ascendance africaine en maintenant vivaces les idées héritées de l’époque coloniale.
En fait, depuis l’époque des Lumières, les personnes d’ascendance africaine, font l’objet d’une campagne de désinformation historique dans le but de ruiner d’une part leur image et d’autre part, de justifier le colonialisme et son frère jumeau, le néo-colonialisme. Dès le XVIIIème siècle, les Kant, Renan , Hegel et autres échafaudaient leurs pseudo-théories de l’infériorité des races humaines non blanches dans le but de justifier le maintien de la traite négrière européenne. «L’esclavage est le meilleur des moyens pour permettre aux Noirs d’accéder à la civilisation (sous-entendu occidentale)», disait-on. Vous en conviendrez de l’ABSURDITÉ d’une telle déclaration qui fut pourtant reprise, même par les plus hautes autorités ecclésiastiques. Mais avez-vous tendu, ne serait-ce qu’une seule fois, l’oreille à la version des descendants des victimes? Vous êtes-vous intéressés aux ouvrages des historiens africains, africains-caribéens ou africains-américains traitant de cette même question? Malheureusement non!
En fait, on constate, en regard des différents faits probants apportés par des historiens, archéologues égyptologues et d'autres que ce que nous nommons la CIVILISATION est née en Afrique noire vers 3 200 avant J.C, avec l’unification de la Haute et de la Basse Égypte par un pharaon soudanais du nom de Narmer. Les anciens Africains nous ont d’ailleurs laissé des magnifiques sculptures en calcaire avec des visages qui dévoilent ses traits africains (négroïdes). Dès cette époque les éléments de la civilisation ont été matérialisés en Afrique : l'écriture, les mathématiques, l’architecture, la médecine, l'astronomie, la chimie, l’agronomie etc. tous émanent de la glorieuse civilisation Africaine et les Grecs qui vinrent très longtemps après, se sont contentés, soit de traduire les textes scientifiques des noirs égyptiens en leur langue, soit d’étudier sous la direction des prêtres égyptiens, ou encore de recevoir sur place, l’initiation de cette grande civilisation.
Reconnaissant les bien faits des Noirs Africains, dans son Traité sur Isis et Osiris, Plutarque (50 - 125 après J. C.) déclare que Solon, Thalès, Platon, Eudoxe, Pythagore ont été tous instruits par des prêtres égyptiens (Enuphis, conuphis de Memphis). Diodore de Sicile, nous dit encore, à propos de Pythagore, que ce dernier a vécu plus de 20 ans en Afrique, qu’il a appris des Noirs Egyptiens sa doctrine sur la parole sacrée, et la géométrie. On s'en doutait bien, car déjà dans les pyramides des nègres égyptiens le carré de l’hypoténuse égalait la somme des carrés des deux autres cotés bien avant que Pythagore eut à le dire. Il est donc absurde de penser que Pythagore est le père de ce théorème. A croire certains, l’Europe serait peuplé de SAUVAGES si l’Afrique n’existaient pas ou encore Si les NOIRS d'Afrique empêchaient les grecs de venir puiser dans la source de leurs civilisations.
D’une manière qui ne permettait aucune confusion sur leur race, les noirs égyptiens avaient pris l’habitude de représenter leur sculpture d’une couleur noir foncée, en référence à leur peau, et pour être plus explicite, ils font la représentation murale des races d’hommes connus à cette époque dans le tombeau royal d’Ousirei (XVIIIe dynastie) datant du XVIe siècle avant JC, le plus ancien document ethnographique complet connus des chercheurs, Champollion-le-Jeune (1790-1832) égyptologue français, déchiffreur des hiéroglyphes écrit, après avoir vu cette présentation, je cite: «j’ai honte de le dire, puisque notre race (Blanche) est la dernière et la plus sauvage de la série des hommes; les Européens, il faut être juste, étaient des Barbares dans ce monde civilisé dominé par les Noirs».
Ou sont donc passées toutes ces vérités? cachées de nos jours, pour continuer la marginalisation des Noirs; cachées, Jadis, dans l'intérêt des Européens car à partir du moment où il a fallu de la main d’œuvre pour leurs colonies du nouveau monde, le Noir est détruit scientifiquement et spirituellement: Le Noir sans civilisation, le Noir sans religion, le Noir cannibale, voleur, ignoble, sans intelligence etc. cette justification est cautionné par l’église, faisait des Noirs le peuple maudit venant de la lignée de Cham (fils de Noé) et ratifiées par l’instruction catholique créant ainsi cette complexe d’infériorité rongeant le cerveau de l’individu noir.
Tout a été fait pour aliéner les Noirs. Cette pratique d’aliénation a fait à lui seul plus de mal à notre peuple que tous les crimes du monde réunis. Celle-ci a forgé à cet effet certaines idées fausses dans l'esprit de ces descendants, à savoir l’infériorité et le paupérisme. C’est, malheureusement, à cause de cette aliénation qu’il y a encore beaucoup de Noirs qui sont persuadés qu'ils sont inférieurs aux Blancs. Beaucoup d'entre eux ont du nourrir, dans l’ignorance de leur provenance, l'idée, en étant convaincus, qu'ils sont incapables de progresser sans l' «AIDE» des Blancs.
D'un autre coté, dans les Antilles et dans l'Afrique post-colonial, la promotion de l'aliénation des Noirs se fait à l’école, première institution chargée de falsifier l’histoire africaine, avec les FIC (Frères de l'instruction Chrétienne) imposant les manuels d’histoire occidentale dans lesquels on apprend à faire l’éloge de l’homme blanc, ses poussés et ses exploits, au détriment des nôtres.
Il faut aussi admettre que Willie Lunch, (lettre 1712), propriétaire d'esclave, a donné sa grande contribution à cette aliénation des Noirs en leur inculquant une complexe de couleur. Voici ses recommandations: «Dressez les esclaves à peau FONCÉE contre les esclaves à peau CLAIRE, et les esclaves à peau CLAIRE contre les esclaves à peau foncée, Utilisez cette méthode de façon intense pendant une année, les esclaves eux-mêmes, de générations en générations, resteront perpétuellement méfiants et complexés ainsi nous pourrons les CONTRÔLER PENDANT AU MOINS 300 CENT ANNÉES qu’ils prennent leur libertés ou non». Willie Lunch a réussi pleinement sa mission. Le racisme des Noirs envers les Noirs en est une preuve concrète. Il y a cette tendance qu'ont les Antillais à se croire supérieurs aux Africains sous prétexte qu'ils seraient plus proche du "Blanc", donc plus civilisés.
Contrairement aux Noirs Américains (étatsuniens) qui ont su accepter et assimiler leur histoire, leur passé en tant que descendants d'esclave, les Noirs Antillais n'ont pas totalement fait cette démarche et vivent encore dans une société hyper hiérarchisé où le NOIR CLAIR de peau, avec des cheveux moins crépus est plus estimé, et a plus de chance de réussir que celui plus foncé car le teint de la peau y est d'une très grande importance à leur yeux !
Le climat d'aliénation a fini par agir profondément sur la personnalisé du Noir. Il arrive très souvent que même le Noir intellectuel perde confiance en ses propres possibilités et en celles de sa race. Il n’est pas étonnant que certains d’entre nous, même après avoir pris connaissances, restent toujours préoccupés de notre seul confort et ne font que brailler et scander les mêmes slogans occidentaux en éprouvant encore du mal à admettre que nous devons assumer le premier rôle civilisateur dans le monde.
L’ignorance de l'histoire antique des Noirs, les différences de mœurs et de coutumes, jointes aux nécessités économiques ,l'exploitation de tous ces facteurs prédisposaient l'esprit des Blancs à fausser complètement la personnalité morale du Noir et de ses aptitudes intellectuelles. Ce qui manque, de nos jours, à la croyance populaire africaine et antillaise, ce sont des écoles pouvant appendre à nos enfants aussi bien notre grandeur passée que l'exposition de la primitivité, d'antan des blancs, leur barbarisme, et leur superficialité actuelle.
Dépourvus de toutes idées de haines ou de mépris, nous pensons néanmoins qu'il faut rétablir la vérité et montrer ce que nous savons de notre race et qui nous étions réellement. Il faut avancer sur nos acquis historiques, c’est une certitude car «connaître la grandeur de son passé c’est une force psychologique» pour une prise de conscience certaine en vue d'une émancipation culturelle, idéologique et sociale de notre race.
"Tell the truth and shame the Devil..." !!!
* Jean Alexis PLACIUS
Né en Haïti,
Descendant de l'Afrique de l'Ouest