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DOSSIERS
Haïti. Que de ressources disponibles!
par
Gérald Larose
Article publié
dans branchez.com, édition du dimanche 7 mars 2010
Il y a quinze jours, c'était Stephen Harper, premier ministre du Canada. La semaine dernière, Peter MacKay, ministre de la défense du Canada. Cette semaine, Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada. Décidément, les Canadiens volent beaucoup sur Haïti. Entretemps, jeudi et vendredi dernier, à l'École Polytechnique de Montréal, se réunissaient six cent cinquante praticiens du terrain, Québécois d'origine haïtienne pour l'immense majorité d'entre eux, pour convenir d'un cadre de reconstruction qui ne s'en tiendrait pas qu'au béton. Une délégation importante de la société civile et politique d'Haïti a participé à ces travaux. Au premier chef, le premier ministre Jean-Max Bellerive. Le message est clair. S'il vous plait, pas de parade. Au boulot. Et sérieusement.
Transparence. J'ai participé à ces travaux en présidant l'atelier sur le développement social et la séance plénière du premier ministre avec l'assemblée des participants. Impressionnant. Les Haïtiens d'ici constituent un réservoir extraordinaire de ressources dans à peu près tous les domaines. Au lendemain du séisme un nombre important d'entre eux se sont mis en lien avec des ressources sœurs en Haïti pour voir déjà comment il fallait penser la reconstruction. Systématiquement des interfaces ont été constituées de telle sorte qu'émergent aujourd'hui des propositions de relance qui reposent d'abord sur les capacités internes du pays et ensuite sur l'apport que les Haïtiens de la diaspora peuvent apporter. Révolution!
Fini les plans arrêtés à l'extérieur, au Nord, en dehors de toute considération des ressources et des capacités internes au pays. Fini l'imposition de modèles qui ne correspondent pas aux besoins et aux aspirations des populations. Fini les interventions intempestives qui ne s'inscrivent pas dans la durée. Haïti a des ressources qui ne demandent qu'à être appuyées. Notre responsabilité est de nous organiser pour que le transfert de connaissances, d'expériences et d'expertises se fassent systématiquement auprès de celles et de ceux qui, sur le terrain, assureront la continuité des opérations.
Oui le béton! Mais avant tout, l'agriculture peut-être? En interdisant le « dumping » américain! Oui le béton! Mais peut-être aussi, l'éducation? La santé? La culture? Et encore plus, l'organisation ou la pratique démocratique à ras le sol, dans toutes les communautés.
Nos dirigeants peuvent voler. Le plus important demeure que les ressources disponibles ici puissent appuyer les ressources en demande là-bas. Il n'y a pas d'autre manière de faire pour que soit reconstruite une Haïti nouvelle dans un temps qui ne peut être que moyennement long.
Source : http://larose.branchez-vous.com/2010/03/haiti-que-de-ressources-disponibles.html
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