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DOSSIERS

Baptisés enfants puis débaptisés adultes : le pédobaptisme réserve des surprises.
Par Bénédique Paul*

Dans notre article paru au journal Le Monde Evangélique (http://www.lemondeevangelique.com), nous avons fait état en 2007 des contours de la question du pédobaptisme pratiqué dans certaines églises. Le texte en question a été l’objet de discussion en assemblée dans une église protestante en France. Nous avons tenu comme argument insurmontable l’absence de recommandation et d’exemple/fondement biblique de cette doctrine spéculative. De la même façon, nous avons mis en garde les pratiquants les plus proches du non-respect de liberté de l’individu à l’état d’enfant contenu dans cette pratique plus religieuse que chrétienne. Dans le même temps, nous avons souligné l’importance de la présentation et de la bénédiction des enfants observées à la fois dans l’Ancien Testament (cas de Samuel) et dans le Nouveau Testament (cas des enfants reçus par Jésus-Christ lui-même). Ces dernières pratiques justifiables (noir sur blanc, et sans interprétation nécessaire) dans la Bible ne constituent cependant pas un préalable au salut. Elles posent toutefois un principe pédagogique (éducation chrétienne) fondamental puisqu’au moment de la présentation des enfants, les parents s’engagent à élever les enfants dans la connaissance de la Parole de Dieu (comme l’a fait Marie pour Jésus lui-même) afin que ces derniers puissent choisir consciemment leur profession de foi eux-mêmes et discerner ce de quoi il s’agit réellement.

Les problèmes ayant été posés dans le cadre de notre article, et d’ailleurs par d’autres anti-pédobaptistes, étaient en réalité en train de faire écho, en France même. L’association subsociety.org qui prétend vouloir en finir avec la religion en prônant l’athéisme a donné une impulsion à un nouveau phénomène appelé « débaptisation ». La démarche de débaptisation permet à celui ou celle qui le souhaite de ne plus être compté(e) comme étant membre de la communauté catholique, selon subsociety.org.  Même si un père précise que « le baptême est un acte de Dieu, on ne peut pas le défaire, on peut tout au mieux le renier ». En réalité, les « débaptisés1» ne sont pas supprimés des registres de baptême, seulement une mention indiquant leur souhait de ne plus être considérés comme chrétien est ajoutée en face de leur nom (F. Mollon, Le Monde 2, 2 août 2008, page 20).

I.                    Les débuts du mouvement de débaptisation

Ce mouvement qualifié d’anti-cléricalisme a débuté réellement en 1996, lors de la venue du pape Jean-Paul II à Reims (France) pour commémorer le 1500ème anniversaire du baptême de Clovis2. Suite aux propos du pape, « France, qu’as-tu fais de ton baptême ?», plusieurs associations (Alternative libertaire, Vivre au présent, etc.) ont amorcé une campagne de débaptisation. Cette année-là, l’évêché de Besançon a reçu 158 demandes de débaptisation. Plus tard, le débaptisator lancé par subsociety en 2005 a été utilisé plus de 3500 fois la même année. En 2007, on lit dans le journal Le Monde (opus cit.) qu’un millier de personnes ont fait « une croix sur leur baptême ».

Sans cautionner le prétendu athéisme (puisque tout individu a besoin de se tenir aussi sur son pilier spirituel), nous pouvons constater que le pédobaptisme peut entraîner des conséquences socialement très indésirables. Du point de vue de la loi, en France le CNIL (commission nationale de l’informatique et des libertés) joue un rôle intéressant dans la protection des informations sur les personnes. En effet, les registres de baptême sont aussi soumis à la loi informatique et libertés. Ce principe donne droit de rectifier des données personnelles figurant sur un fichier dès lors qu’y ont été détectées des erreurs ou des inexactitudes. Ce connaissant, des personnes ont fait valoir ce droit, en réaction à leur baptême lorsqu’elles étaient enfants et inconscientes.

II.                  Baptisé contre sa volonté

Une jeune femme témoigne « la mention que j’ai fait porter en marge du registre de baptême est celle-ci « baptisée contre sa volonté ». Je me demande pourquoi le baptême n’a pas plutôt lieu à l’âge adulte » (F. Mollon, opus cit.). Ce témoignage attire beaucoup notre attention. Car, contrairement à ce que l’on pourrait penser, il existe bel et bien des églises protestantes qui pratiquent ouvertement le pédobaptisme. On peut raisonnablement se demander en quoi sont-elles protestantes ? ou encore à quoi protestent-elles ? Si centaines de demande de débatisation sont adressées à l’église catholique, on s’attend à ce que les églises protestantes pédobaptisantes soient aussi concernées. En attendant, elles ont intérêt à tenir prêt leurs archives. 

Un autre constat peut être fait, du moins Fabien Mollon l’a bien souligné dans son article, « la plupart des débaptisés sont de simples athées, des déçus de la religion, des personnes qui ne se reconnaissent pas dans les positions de l’Eglise et qui ne veulent plus être comptées parmi ses fidèles » (Mollon, opus cit., page 22).  Devant un tel constat, on peut se demander si le protestantisme chrétien devrait se permettre aussi de rentrer dans le grand bal institué de façon intéressée par mélange révolu de l’Eglise et de l’Etat. Un élément de réponse peut être retrouvé dans ce qui fait le désenchantement de certains convertis protestants. C’est dommage, car Jésus-Christ a trouvé qu’ils sont heureux ceux qui choisissent le vrai chemin. Le problème est qu’il existe des individus se posant en embûche à ce souhait suprême.

Demandez aux débaptisés, ils vous le diront. Leurs principales motivations sont soit un reniement pur et simple (devenir athée), soit un changement de religion, soit pour leur soustraction à l’impôt ecclésiastique en Allemagne (cas des Français vivant en Allemagne). Mais nous pouvons tout aussi bien penser qu’une personne baptisée enfant (par exemple à l’âge d’une semaine), peut, à la suite d’une meilleure compréhension de la Bible et motivée par une bonne conviction religieuse, désirer annuler son baptême contre sa volonté, baptême lui ayant été administré alors qu’il n’en avait aucunement conscience.

Enfin rappelons, que l’origine du mot baptême dans son sens biblique suppose une « immersion » complète de l’individu dans l’eau. Il est un témoignage visible d’identification de soi au Christ-Jésus et de son appartenance au christianisme. Il suppose au préalable une compréhension des fondements de cette religion et la conscience de la portée symbolique de l’acte baptism

1. Débaptisés : Personnes ayant été baptisées tout petits (pédobaptisme) qui, une fois devenues adultes ont fait une demande formelle de renonciation à leur baptême. 2.Le baptême de Clovis (24 décembre 496) marqua le début du lien entre le clergé et la monarchie franque puis française, lien qui va durer jusqu'au début du XIXe siècle. Dès lors, le souverain devait régner au nom de Dieu. Ce baptême permit également à Clovis d'asseoir durablement son autorité sur les populations, essentiellement gallo-romaines et catholiques, qu'il domine : avec ce baptême, il pouvait compter sur l'appui du clergé, et vice-versa (http://fr.wikipedia.org/wiki/Clovis).

* Bénédique PAUL, économiste du développement
Diplômé Ingénieur-Agronome de l’Université d’Etat d’Haïti
Diplômé Master of Science du Centre des Hautes Etudes Méditerranéennes
Diplômé Master Recherche de l’Université Paul Valéry – Université Montpellier III
Doctorant en Sciences Economiques au Laboratoire des Sciences Economiques de Richter, Université Montpellier I, France.

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