DOSSIERS  

Le chat botté et masqué du Journal Métro
un excellent caricaturiste des mots

Jeudi 15 septembre 2005. Vol 5. No 139
WWW.METROPOINT.COM

Marie Flore Domond

Je vous présente un personnage dérivé  du conte de Charles Perrault, il est la vedette incontestée du Journal Métro. À sa manière, ce dernier fait la manchette du quotidien jour après jour pour l’étonnement ou le bonheur de plusieurs. Acteurs du monde des médias, prenez garde à son influence. Car il est ultra perspicace et aucun sujet d’actualité ne l’échappe.  Certes, le père  du mythique  personnage qu’est le Chat Botté était meunier,  néanmoins, le savoir-faire du Chat Botté par alliance renouvelé se façonne en un véritable moulin à paroles. Il sait parfaitement jongler avec l’humour, la satire, le sarcasme, la moquerie. Sur ces angles, il n’existe pas plus franc tireur que lui.

Une force d’attraction irrésistible

Je dois vous avouer  mon accoutumance vis-à-vis de ce fameux Chat Botté. Je devrais plutôt dire ma totale dépendance de préférence. Ordinairement, je voyage en voiture. Or, j’ai une connaissance qui s’est engagé  à me  recueillir tous les jours, un exemplaire du journal à un des points de distributions situé dans les stations de métro. Et si jamais il emprunte pour une raison quelconque un autre itinéraire que d’habitude, me voilà privée du journal et ma journée est faite. Je me mets à quémander ici et là : «N’aurais-tu pas le journal Métro du jour ? Dépendamment, du sujet d’actualité, je me sens perdue comme une croyante à qui l’on a tué son dieu. J’aurais bien aimé que cette figure de style soit ma propre création. Hélas, c’est le chanteur de charme Julio Iglesias  dans son célèbre élan romanesque, sentimental et passionnel qui chantait sur un ton de ténor «J’ai besoin de toi.» Je retiens de mémoire quelques strophes de la  pièce qui s’imposaient jadis au palmarès de la chansonnette française.

«Je vis dans l’ombre
Dès que je n’ai plus tes yeux
Dans le silence
Dès que je n’ai plus ton rire
Comme croyante à qui l’on a tué son dieu
Je continue à vivre sans raison de vivre.

 Refrain

J’ai besoin de toi
Comme l’arbre a besoin de pluie
J’ai besoin de toi
Pour savoir qu’il fait beau la nuit
(…) et je n’y peux rien
Ton amour me tient

J’ai besoin de toi toujours (bis).»

Vous comprendrez que ce détour était pour vous exprimer comment je suis submergée par l’autorité morale de ce personnage qui, pourtant écorche tout le monde, comme il le veut, quand il le veut dans l’incarnation de l’authenticité de la liberté de presse. Bien qu’il soit cynique par moment. « Je m’excuse, je ne voulais pas dire disparaître mais bien anéantir.» - Gilles Duceppe (6 décembre 2005) - « Selon un sondage, un gouvernement conservateur nous plongerait dans un déficit… intellectuel.» - Paul Martin (6 janvier 2006)  - « Au prix que ça nous coûte pour les réparer, on va les appeler des nids-de-poule-de-luxe. » - Gérald Tremblay (13 au 15 janvier 2006) - «Si le cadeau de Jean Charest ne fait pas, est-ce qu’on a 30 jours pour l’échanger.» - Un syndiqué (15 décembre 2005) «La navette est revenue. La NASA n’en revient pas» (10 août 2005) – ADRIENNE CLARKSON à MICHAÊLLE JEAN : « Le plus dur, c’est de s’habituer au tout inclus.» (27 septembre 2005) « Le doc Mailloux vient de lancer son site Web : www.docmailloux.con» (28 septembre 2005).

Le petit côté risqué presque diffamatoire de la mission de communication sociale du Chat Botté masqué

Avec le Chat Botté, on peut s’attendre au meilleur ainsi qu’au pire. Ce qui est dit est dit. Il endosse rarement les propos. Il se contente de mettre la parole dans la bouche des personnalités, quand il n’émet pas des commentaires lancinants autour de leurs actions. Il est sensible à toutes les causes. Cependant, son jugement juste et prompt lui dicte ce qui est pertinent et ce qui est digne d’être communiqué ou étalé en dérision. Ainsi, le lectorat est avisé qu’il n’établit aucun barème, aucune balise sans égard pour la sensibilité, la susceptibilité de ses sujets cibles.

Il est bien connu que tout attachement est également source d’une certaine crainte, de peur de perdre l’être cher, le sujet de notre idolâtrie, le point culminant de notre appartenance. Je me demande : est-il possible que l’on s’en prenne un jour, pour une raison quelconque  à un mythe libre comme l’air en la personne du Chat Botté du Journal Métro ?  Je sais qu’un créateur peut évoluer en dépit des privations de toutes sortes. Pourra t-il cependant aboutir à une œuvre s’il est entouré de gens mesquins et étroits d’esprit ?

Pour ceux qui ne connaissent pas encore l’histoire du Chat Botté, il n’est pas trop tard pour vous y plonger dans l’aventure. Un petit clic sur le lien suivant et ça y est : www.fr.wikipedia.org/wiki/Le_Chat_botté

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